Il y a quelques jours (ou semaines, déjà ?), les Poèmes à pas de loup sont venus rejoindre les Poésies, Sais-tu si nous sommes encore loin de la Mer ?, Voyages d'automne et A la lisière du temps... Toujours le même enchantement, mais pas la même athmosphère : Claude Roy, dans ce recueil (écrit entre 1992 et 1996), est beaucoup plus mélancolique... La maladie le rattrape, la mort attend dans l'horloge, et pourtant le petit chat noir se croit plus fort que la pantouffle, et la voix de Loleh est aussi jeune que le chant de la fauvette.
Et plus que jamais, la mémoire du poète se joue du temps, invitant Novembre à se réchauffer en septembre :

Automne I

La source fraîche
modeste     cachée
au creux du cresson
silencieusement

Sur les claies de bois
les pommes méditent l'automne

Dans le ciel de novembre
entre la brume et le soleil
un vol oscillant d'étourneaux
traces des figures et des courbes

Qui résoudra leur équation ?
Sûrement pas moi


Le Haut-Bout
Septembre 1995
("Poèmes à pas de loup", Aile L.)