Le Chancours

Le ruisseau de la clairière sussurre joliment, effleurant sans y croire la souche d'un hêtre...

25 février 2007

[Etude] Le bouleau - 2

Symbolique

Arbre cosmique

Pour ce qui est de la symbolique, les livres de Jacques Brosse sont utiles :

dans sa Mythologie des arbres (ch2, « L'échelle mystique »), on lit que l'arbre cosmique en Asie du Nord est traditionnellement un sapin, mais que pour les chamans sibériens, c'est un bouleau qui remplit ce rôle. Pour les Bouriates, les bouleaux abritent l'âme des ancêtres, et lors de la cérémonie d'initiation du chaman, 9 bouleaux sont coupés. Le plus grand est fiché en terre dans la yourte, et est nommé « Gardien de la porte », car c'est lui qui ouvre au chaman l'entrée du ciel. Le bouleau est fortement associé au chiffre 9 toujours chez les Bouriates puisque 9 bouleaux sont coupés, et le chaman intronisé doit faire 9 entailles au sommet de chaque bouleau.

Le bouleau est donc l'échelle pour grimper au ciel. Je cite ensuite le dernier paragraphe de cette partie, et souligne la fin parce que je la trouve juste et jolie :)

« Pourquoi le bouleau joue-t-il un tel rôle, plutôt que le sapin, par exemple, souvent considéré par les peuples du Nord de l'Asie comme l'Arbre cosmique ? Il est en effet loin d'avoir sa haute taille, Betula verrucosa Ehrh. ne dépasse pas 25 mètres, Betula pubescens est un peu plus petit, 15-20 mètres. Si leur croissance est rapide, ils ne vivent pas plus d'une centaine d'années, alors que le sapin peut atteuindre au moins 700 ans. Seulement, outre sa légèreté, son élégance, la beauté de son écorce d'un blanc argenté, de plus en plus pur vers la cime, le bouleau possède des qualités que lui reconnaissent toutes les traditions. C'est essentiellement un arbre de lumière. »

Arbre de lumière

Jacques Brosse, Mythologie des arbres ; ch.2, "L'échelle mystique", Sainte Brigitte et la Chandeleur :

« Aussi bien, dans l'"Alphabet des arbres", le calendrier sacré des Celtes, est-ce le bouleau qui préside au premier mois de l'année solaire (du 24 décembre au 21 janvier). Le bouleau est donc en rapport avec la renaissance du soleil. Bien que généralement consacré à la lune, sa peau délicate évoquant l'éclat argenté de la pleine lune, il l'est parfois au soleil et à la lune, mais, dans ce cas, il est double, mâle et femelle. Lors de la fête qui célèbre la remontée de la lumière, notre Chandeleur, le bouleau est particulièrement à l'honneur, en la personne de sainte Brigitte, dont le nom, Birgit, vient de la racine indo-européenne Bhirg, le bouleau, qui a donné birch en anglais et die Birke en allemand. Sainte Brigitte de Kildare, née dans la seconde moitié du Ve siècle, donnée par ses hagiographe comme la fille d'un chef de clan païen devenue l'une des patronnes de l'Irlande, était à l'origine une ancienne divinité celtique de la renaissance du feu et de la végétation, la propre fille de Dagda, le dieu suprême vénéré par les druides irlandais. [...] En Angleterre, on entretenait un feu perpétuel dans le temple d'une déess que les Romains identifiaient à Minerve, mais qui était en fait Birgit, à la fois guérisseuse et patronne des bardes -- lesquels peuvent être, à certains égards, comparés aux chamans -- et des forgerons. [...]
La sainte Brigitte ouvrait le mois de février qui, de toute antiquité, était celui des purifications. En latin, februare signifie "purifier, faire des expiations religieuses".[...]
Dans la mythologie germanique, le bouleau était l'arbre de Donar-Thor, dieu de la foudre et de la guerre, considéré comme la divinité suprême, plus puissante qu'Odin lui-même, dans les pays du nord, particulièrement en Norvège. On sait que dans le folklore russe, le bouleau joue un rôle important. Chez les Germano-Scandinaves ou les populations altaïques, comme chez les Celtes ou les Slaves du Nord, les croyances concernant ses propriétés sont à peu près identiques. Selon les proverbes russes recuillis par Dal, le bouleau fait bien quatre choses : il donne la lumière au monde, il étouffe les cris, il guérit les maladies, enfin il nettoie, ce qui correspond à ses quatre principales utilisations : de ses branches, on fait des torches, car elles donnent de grandes flammes claires, aisin que des balais et les verges dont on se fustige le corps dans les saunas scandinaves comme dans les bains de vapeur russes. Du bois de bouleau, on tire le goudron qui empêche les roues des chariots de grincer. Enfin, sa sève, le "sang de bouleau", est très utilisée dans la thérapeutique populaire et aujourd'hui en phytothérapie ».

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24 février 2007

[Etude] Le bouleau - 1

Puisque le bouleau a décidé de me poursuivre  non point que ce soit désagréable, notez, mais enfin, c'est intrigant, et la curiosité étant un aussi joli défaut que la gourmandise, je n'allais pas me priver  voici donc quelque chose comme quelques pistes de réflexion, que je poursuivrais ou non selon le temps dont je dispose...

Etymologie(s)

D'après le TLF (http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2005425570;), le mot « bouleau » viendrait  « de l'a. fr. boul, bououl « id. » (1215, Arch. K 28, pièce 3 dans GDF.) utilisé encore dans quelques dial. (FEW t. 1, p. 346a); suff. -eau* (cf. NYROP t. 3, § 197, 2o), peut-être pour éviter une confusion avec boule* (REW3); l'a. fr. est issu d'un lat. vulg. *betullus pour le class. betulla « id. » d'orig. gaul. (voir IEW, p. 480 et ERN.-MEILLET) ».

Jacques Brosse, dans son Dictionnaire des arbres de France, nous indique que le latin bettula viendrait lui même de la « langue celtique » (concept vague : laquelle, de langue celtique ?) beith, issu lui-même d'une racine Indo-européenne bhirg.

Le problème est la profusion de racines indo-européennes et de sens différents... l'autre problème est que je ne suis pas douée en indo-européen, et incapable de juger de la valeur de l'une ou l'autre étymologie...

Première étymologie :

(http://www.indo-european.nl/cgi-bin/query.cgi?basename=\data\ie\celtic&root=leiden), on trouve ceci :

Proto-Celtic: *betu- '0000">birch' [Noun]
Old Irish: beithe [io m]
Middle Welsh: bedw-en [Singulative]
Middle Breton: bezu, bezv-en [Singulative]
Cornish: bedewen gl. populus (OCo.)
Proto-Indo-European: *gwetu- 'pitch'
Page in Pokorny: 480
IE cognates: Skt. ja´tu, OHG cuti, OE cwidu

Notes: The formations within Celtic do not agree. The u-stem in Brit. appears to be more archaic. Perhaps OIr. beithe can be from a derivative *betwiyo- if the development of *-tw- in Goidelic is not parallel to the development of *-dw- > OIr. db (cp. Medb < *medwƒ), but *kwetwores > cethir.

References: LEIA B-28, GPC I: 266, EIEC 65, Campanile 1974: 13

l'idée de bouleau serait donc associée à celle du jet, de l'élan (pitch)

Deuxième étymologie:

dans le « American Heritage® Dictionary of the English Language, Fourth Edition » (http://www.bartleby.com/61/roots/IE57.html) :

ENTRY:bherg-
DEFINITION:To shine; bright, white. Oldest form *bher-, becoming *bherg- in centum languages. 1. bright, from Old English beorht, bright, from Germanic *berhtaz, bright. 2. “The white tree,” the birch (also the ash). a. birch, birk, from Old English birc(e), birch, from Germanic *birkjn-; b. probably suffixed zero-grade form *bhrag-s-. fraxinella, from Latin fraxinus, ash tree. (Pokorny bher- 139.)

Et ici, c'est donc l'aspect blanc et brillant de l'écorce du bouleau qui est mise en avant...

Cela ne s'arrête pas là :

Troisième étymologie :

http://en.wikipedia.org/wiki/Beith_(letter)

Beith is the Irish name of the first letter of the Ogham alphabet, ᚁ, meaning "birch". In Old Irish, the letter name was Beithe, which is related to Welsh bedw(en), Breton bezv(enn), and Latin betula. Its Proto-Indo-European root was *gʷet- 'resin, gum'. Its phonetic value is [b].

Cette fois, c'est la résine du bouleau qui lui aurait donné son nom...

Nous voilà bien avancés avec ceci... laquelle des trois est la "meilleure", je ne saurais dire...

Anecdote récupérée sur le "projet Babel", relative aux noms des mois en langues slaves (http://projetbabel.org/slave/mois.htm), le mois de mars est dit "mois du bouleau" en tchèque et en russe (březen pour le tchèque, березень  [berezen ??] en russe (bouleau : russe bereza, tchèque bříza), puisqu'il semble que sous ces latitudes, le bouleau fleurisse en mars...

La symbolique est une partie interessante à explorer, mais je n'ai encore rien de mis en forme pour l'instant... ça viendra :)

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18 février 2007

[Entrée] Scones salés aux oignons et emmental

... idéal pour un apéro, et garantie d'obtenir un franc succès :) Je me suis inspirée de mes souvenirs des délicieux scones que Gurth avait fait pour Cidre et Dragon, en partant de la recette de base des scones.

Ingrédients :

  • 500g de farine
  • 4cc de levure chimique
  • 50g de beurre demi-sel
  • 2 oeufs
  • 20cl de lait
  • sel
  • 2 oignons
  • 100g d'emmental
  • thym

Préparation :

  • Préchauffez le four à 220°C
  • Mélangez la farine avec la levure.
  • Ajoutez le beurre coupé en petits morceaux, et sablez la pâte jusqu'à obtenir un mélange friable.
  • A part, battez les oeufs avec le lait, salez à convenance, puis mélangez à la farine. Vous devez obtenir une pâte souple, qui ne colle pas.
  • Epluchez les oignons, faites-les revenir à la poele. Quand ils sont translucides, essuyez-les et mélangez-les à la pâte -- ajoutez éventuellement de la farine pour ne pas que la pâte colle.
  • Coupez l'emmental en dés, ajoutez au reste avec le thym sec, repétrissez la pâte.
  • Etalez-la sur une plaque, sur une épaisseur de 3 à 4 cm.
  • Découpez à l'emporte-pièce des ronds de 5cm de diamètre environ, disposez-les sur la plaque de cuisson, farinez-les.
  • Enfournez entre 10 et 15 min : les scones gonflent de leur façon caractéristique qui permet de les couper en deux pour mettre de la confiture au milieu (enfin, pour cette recette, c'est déconseillé, sauf s'il s'agit de confiture d'oignons... ou un confit de figues, éventuellement).
  • Servez tiède ou froid.

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10 février 2007

[Plat] Rôti de porc cuit au lait

J'aime cuisiner le rôti de porc parce qu'il se prête à toutes sortes d'expériences culinaires, basées sur le principe du mijotage* -- en tout et pour tout, il doit falloir se "tracasser" une vingtaine de minute, et laisser se débrouiller tout seul pendant 2 heures...
Pour aujourd'hui, je me suis contentée d'une "classique" cuisson au lait, à servir avec une ratatouille (congelée de cet été) ou des pommes de terre.

Ingrédients (pour 8 personnes)

  • 1 rôti de porc de 1,5kg environ
  • 1L 1/2 de lait frais entier
  • 50g de beurre
  • 2 oignons,
  • 3 gousses d'ail
  • 1 branche de romarin
  • 4 feuilles de laurier
  • Un petit bouquet de thym
  • Sel, poivre.

Préparation :

  • [Accessoire : pour que le rôti soit très tendre, vous pouvez, la veille au soir, le laisser mariner dans le lait jusqu'au moment de le cuisiner. Comme je ne me suis souciée de la recette que ce matin, c'était un peu tard pour le faire ;)]
  • Faites fondre le beurre dans la cocotte. Epluchez et émincez les oignons, faites les revenir dans le beurre.
  • Frottez le rôti au gros sel et au poivre du moulin, piquez-le des gousses d'ail ; coincez sous les ficelles les feuilles de laurier.
  • Faites dorer le rôti dans la cocotte, sur toutes ses faces. Quand il est bien doré, couvrez-le de lait, ajoutez le romarin et le thym, et laissez mijoter à couvert pendant environ deux heures, à feu très très doux.
  • Quand le rôti est cuit, dressez-le dans le plat de service le cas échéant, donnez un vif bouillon à la sauce pour qu'elle réduise encore un peu. Passez-la au chinois (ou à la passoire, mais fine passoire) pour enlever écumes et herbes -- et oignons, je sais, ça c'est dommage. Elle doit être dorée et crémeuse.
  • Versez-la sur le rôti et servez.


* Mijotage, oui, je viens de vérifier dans le TLF :) on dit aussi "mijotement", par ailleurs... L'origine du mot mijotter est par contre savoureuse... :

Mot dial. de l'Ouest, signifiant à l'orig. «faire mûrir» (1583, faire migeotter (les pommes) «(les) faire mûrir sur la paille». Ch. ESTIENNE et J. LIÉBAULT, L'agriculture et maison rustique, p.232b ds FEW t.16, p.586a), sens qui s'est maintenu dans les parlers de cette région (v. FEW loc. cit.). Mijoter est une var. (Basse-Normandie, Bas-Maine et Anjou, v. FEW loc. cit.) de migoter (Haute-Normandie), dér. de l'anc. subst. migoe «lieu où l'on conserve les fruits» (ca 1350, ROQUES t.1, IV, 6554), migeot «id.» (Maine, Anjou), qui est lui-même une var. de musjoe, musgot «id.» (d'où magot1*), prob. issu d'un germ. *musgauda dont le premier élém. mus peut être rapproché du flam. muize «souris», cf. muizegote «cachette pour les pommes, etc.», mais dont le second élém. reste d'orig. obsc.; gote ne convient pas, le gallo-roman qui présente -j- en fr. et -g- en norm., demandant nécessairement la voyelle -au, voir FEW t.16, pp.587b-588a.

Disons que c'était savoureux jusqu'à ce qu'on parle de musaraigne :D

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04 février 2007

[Plat] Tarte aux poireaux et saumon

Parfois, je me demande pourquoi j'achète des bouquins de cuisine, puisque je fini toujours par inventer... ;) Voici le résultat de mon improvisation d'hier au soir :

Ingrédients :
Pour la pâte :

  • 180g de farine
  • 90g de margarine
  • 2 cs d'eau froide
  • 1 pincée de sel

Pour la garniture :

  • 2 poireaux
  • 2 tranches de saumon fumé
  • farine et lait pour la sauce blanche
  • 6-8 noix
  • 1 oeuf
  • sel, poivre.

Préparation :

  • Préparez la pâte en mélangeant la farine, la margarine, l'eau et le sel, de façon à obtenir une pâte homogène. Etalez-la au rouleau fariné, pour obtenir un diamètre légèrement plus grand que celui du moule à tarte (histoire de rabattre les bords sur la garniture, pour faire façon-tourte). Foncez le moule.
  • Mettez le four à préchauffer à 180°C.
  • Pendant ce temps, émincez les poireaux. Faites chauffer un peu d'huile au fond d'une poele, pour les faire revenir -- le blanc devient légèrement translucide. A ce moment, versez-les dans un saladier.
  • Préparez une sauce blanche. Quand elle a une bonne consistance, versez la sur les poireaux et mélangez, pour éviter qu'elle ne se fige.
  • Coupez les tranches de saumon en fines lanières, cassez les noix et brisez-les en petits morceaux, et mélangez les deux aux poireaux.
  • Versez cette préparation sur la pâte. Rabattez les bords de la pâte sur la garniture.
  • Battez l'oeuf en omelette et badigeonnez-en le dessus de la tarte.
  • Enfournez à four chaud 20 à 30 min.
  • Servez tiède.

Posté par Laegalad à 15:00 - Gourmandises - Commentaires [4] - Permalien [#]
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