26 avril 2007
Carte postale de printemps
Envie de sorbet à la
mandarine
dans la chaleur suffocante de l'après-midi
–
la buée fraîche sur la coupe
et un grand verre d'eau
citronnée
Rentrer par le Chemin
Vert comme
tous les soirs
être surprise par la brusque
floraison envol
spontané de pétales
des coquelicots au bord du
chemin
– leurs ailes rouges à peine défripées
égayées
comme des baisers champêtres
papillonnant dans les grandes
herbes folles
Et la neige discrète
d'un tapis de stellaires
gardée fraîche sous l'ombre
d'un chêne
Une odeur légère et
insidieuse
lever le nez
la première ombelle d'un sureau
sucrée
l'habit roux moiré de vert du
noisetier
le froufroutement d'une mésange – nonnette ? –
dans les feuilles tendres du bouleau
En haut du coteau
l'accueil suave des lilas
– ne plus rêver que d'eau
fraîche
et de lézarder en robe des champs sur la
terrasse
– le glouglou de l'eau froide dans le
verre
l'effleurement des pieds nus sur les dalles
l'odeur du
citronnier
et le bourdonnement
très affairé
d'une abeille pelucheuse
– apprécier d'autant mieux
d'étendre ses longues jambes
et de ne rien faire
C'est étrange
on l'aurait presque oubliée
mais l'odeur de l'herbe humide
revient avec le soir...
25 avril 2007
[Entrée] Soupe froide de concombre
Sitôt eut l'idée, sitôt appliquée, d'autant que ma mère venait d'acheter des concombres... Voici donc une entrée toute fraîche et très appropriée aux chaleurs estivales, pour peu que vous ne craigniez pas les concombres, et que vous aimiez ça...
Attention : il faut la mettre au frais au moins une heure, donc ce n'est pas à improviser au dernier moment, même s'il ne faut qu'1/4 d'heure pour préparer ça...
Ingrédients (pour 5/6 personnes)
- 1 kg de concombre (ce qui fait à peu près 1,5 concombre)
- 400g de yahourt à la grecques (ou bulgare)
- 2 gousses d'ail (frais de préférence, c'est beaucoup plus digeste)
- 6 brins de menthe et/ou aneth
- 2 verres d'eau froide – voire de bouillon de volaille froid
- sel
- (et la prochaine fois j'ajouterai un peu de jus de citron)
Préparation
- Epluchez et épépinez le concombre – ce qui divise le poids par deux, presque –, voire faites-le dégorger si vous craignez vraiment.
- Réservez-en un peu pour le couper en dés de 5mm environ. Passez le reste au mixer avec l'ail, puis avec le yahourt.
- Ciselez les herbes.
- Mélangez le tout, ajoutez l'eau – et le jus de citron – et salez à convenance.
- Fouettez avant de mettre au frais 1 ou 2 heures, pour que le mélange mousse.
Servi dans des petits bols avec une feuille de menthe dessus, ça fait son effet (enfin, normalement... si vous n'avez personne autour de la table qui regarde ça d'un air dégoutté « C'est quoi ça ? »... * soupir * ;))
23 avril 2007
[Entrée] Muffins salés à la courgette et au fromage de chèvre frais
Je sais, ce n'est pas encore la saison des courgettes, mais il s'agit là de celles qu'on avait congelé cet été. Avec la chaleur digne d'une fin de juin que l'on connaît, les envies de fruits et de légumes d'été plein d'eau reviennent en force, et il n'y a jamais besoin de trop me pousser pour accorder la courgette à tous les menus. J'ai donc profité d'un reste pour exécuter ces muffins salés, qui furent, fait remarquable et digne d'être noté, grandement apprécié par toute la famille :) Même qu'il paraît qu'il faut que je leur donne 5 étoiles :D
Ingrédients (pour 15 muffins)
2 courgettes (ou leur équivalent cuisiné, pour mon cas : coupées en rondelles fines et cuites à la vapeur, puis bien égouttées)
200 g de fromage de chèvre frais (genre chèvretine)
300 g de farine
½ sachet de levure chimique
1 cuillère à café de sel
2 oeufs
15 cl d'huile d'olive
15 cl de lait
2 poignées de pignons de pin
Préparation
Râpez les courgettes sans les peler, si elles sont en leur première jeunesse ;) (ceci si vous avez pour base des courgettes fraîches ; elles seront cuites dans la pâte ; pour ma part, elles étaient cuisinées). Emiettez grossièrement le fromage de chèvre pour que ça fasse des bouts fondants.
Préchauffez le four à 180°C
Dans un saladier, mélangez la farine, la levure et le sel.
A part, battez les oeufs avec l'huile et le lait. Ajoutez la courgette et le chèvre.
Faites blondir les pignons à la poêle -- sans ajouter de matière grasse, faites-les simplement revenir en remuant sans cesse, pour ne pas qu'ils brûlent. Attention, ça va très vite ! Dès qu'ils ont une bonne couleur, videz-les directement dans le mélange avec les courgettes, sinon ils continuent de cuire dans la poêle chaude et ce sera fichu.
Mélangez les deux préparations sans trop travailler la pâte – les grumeaux ne sont pas gravissimes.
Répartissez la préparation dans les moules.
Enfournez environ 30 min. Vérifiez la cuisson en enfonçant la lame d'un couteau : elle doit ressortir sèche – ou à peu près, si vous tombez sur la courgette ou le fromage ;)
Servez avec une salade verte ou rousse, et une vinaigrette au citron...
19 avril 2007
Carte postale de printemps
Soirée paisible
tiède à
ciel ouvert
la fenêtre ouverte donne sur un bleu
qui
s'assombrit as
time goes by
– laisser
se mêler le jazz en sourdine
au discret frôlement des
grillons
au murmure incessant de l'herbe et du vent
La couette repliée comme un
nid
les portraits si bien croqués de Marivaux
laisser la
fatigue s'appesantir discrètement
respiration
calme paresse
heureuse
membres engourdis frissonner
Et le mince très
mince croissant de lune
comme l'esquisse légère et
caressée
– du bout des doigts à
peine frôlée –
d'une courbe
ronde douce fragile et
blanche qui
soulignerait
le brillant fiché l'étoile
solitaire
12 avril 2007
Carte postale de printemps
Nuit de printemps à fenêtres
ouvertes
l'odeur ténue des floraisons blanches
et les
deux notes endormies du crapaud touc-touc
content du temps doux
couvert humide
– de temps en temps, un oiseau tente de le faire
taire,
mais peine perdue peut-être
le crapaud parle-t-il en dormant ?
– le nid chaud douillet de la
couette
se sentir rivière
calme ensommeillée fraîche miroir
nocturne
– immobile ?
Quand le jour redécouvre les
couleurs
le vert joyeux de la prairie
la neige des cerisiers
et
les coupelles rosées du cognassier
– l'abricotier au
feuillage insolent de jeunesse :
« Je n'ai plus de
fleurs, je suis déjà grand »
les pivoines
empesées de rose précieuses
aux plis froissés
parfum de boudoir poudré au frais
matin
l'amertume du café
et le bel
orangé de la confiture d'ampuisais.
« Il va pleuvoir aujourd'hui
? »
« Je n'ai pas écouté
la radio... Mais le crapaud a chanté toute la nuit,
Maman
va être contente. »
« Il pleuvra »
Et
le faible frémissement clapotis des nuages.
Plus tard, trois rayons de soleil
caressent
la blonde chevelure des saules
– fermer les yeux,
et les laisser effleurer le visage.
L'eau grise ne sait plus si
elle est d'eau ou de nuées
et pour ne pas trancher la
question, reste entre les deux
en dépit des oiseaux qui
voudraient la départager.
L'odeur fantôme de la pluie avant
la pluie
après la pluie entre
les deux
frais humide printemps
léger
la sentir crépiter à
fleur de peau
se sentir rivière
calme ensoleillée fraîche miroir
du jour
est-ce sur moi ou est-ce sur l'eau que rebondissent les gouttes ?
