28 mai 2007
[Entrée] Terrine fraîche de courgettes au fromage de chèvre frais
Entrée facile et fraîche, il n'y a qu'à prendre garde au temps de repos – 12 heures au frigo. L'avantage, outre que ce soit léger, c'est qu'il n'y a pas à mettre de four en route l'été... l'autre avantage, c'est que c'est beaucoup moins compliqué que d'autres recettes que j'ai pu trouver, dont j'ai retiré le principe de cuisson des courgettes, pour faire le reste à ma sauce – notamment sans mettre des « feuilles de gelées », parce que c'est un truc que je doute d'avoir un jour dans ma cuisine, l'idée de la gelée (hors confiture ;)) me faisant tordre du nez systématiquement.
Et puis j'adore les courgettes, alors une recette de plus à base de ces délicieux légumes, je n'allais pas me priver :)
Ingrédients (pour 4 personnes)
2 petites courgettes
200g de fromage de chèvre frais (du type « petit billy », ceux que j'utilise pour le sorbet au chèvre)
1 bouquet de persil
sel, poivre
Préparation
Pelez et rincez les courgettes. Coupez-les en lanières de 2 mm environ.
Faites bouillir une casserole d'eau, plongez les lanières de courgettes dedans 3 minutes, puis égouttez-les bien.Écrasez le fromage et mélangez-le avec le persil, le sel et le poivre.
Couvrez le fond et les bords d'une terrine avec du film alimentaire si vous souhaitez démouler la terrine plus tard.
Tapissez les bords du moule avec les lanières de courgette – choisissez les plus jolies pour l'extérieur. Remplissez de la moitié du mélange au chèvre, remettez une couche de courgettes, étalez le reste du mélange et finissez par une dernière couche de courgettes.
Mettez sous presse ;) -- à savoir, couvrez de papier sulfurisé ou film alimentaire, et entassez dessus des boîtes de conserve, pour presser la terrine. Prenez garde à placer celle-ci sur un plat ou une assiette pour recueillir le jus qui s'évadera, car les courgettes et le fromage rendent de l'eau. Laissez au frigo une douzaine d'heures avant de servir.
21 mai 2007
Carte postale de printemps
Promenade en bord de rivière par
temps couvert
par temps venteux
tant de vent que même
sans pluie
la peau crépite de gouttelettes
ramenées
depuis la rive jusqu'au sentier
– et tellement d'eau que les
berges sont impraticables
hésitant entre être rivière
ou marécage...
Se détachant sur l'eau grise
–
l'eau grise hésitant entre être nuage ou rivière
–
le jaune moqueur et effronté des flambes d'eau
et
volant à contre-courant
contrariées par le vent
trois canes colvert cancanant.
Entre la haie sauvage d'églantines
en roses
et les champs de blés verdelets
ondoyant en mer
légère
une demoiselle d'un bleu profond
sur les
ombelles blanches dans les herbes sauvages
– les hirondelles
cinglent le ciel
plastron rouge et vol en V
au ras des épis.
Une de leurs comparses sur un acacia
gazouille sur tous les tons
– chant funèbre d'un
moucheron
vu du côté du vainqueur.
La brûlure cuisante d'un
ortie
alors qu'on voulait ramasser une fleur d'églantine
–
la douleur n'est pas la même que celle crainte
pas même
une petite perle de sang rouge sur l'index
mais une plaque de
boutons blancs sur l'avant bras
et pas de plantain à
proximité, évidemment –
décider que la
fleur va très bien sur sa branche,
et que son parfum
discret profitera aux passants.
L'odeur humide de la terre
lourde
argileuse
fraîche et solide
enivrante et reposante
– éviter
tout de même d'y poser les pieds.
18 mai 2007
[Confiture] Cerises à la menthe
Ingrédients (pour 4 pots de confiture)
1,5 kg de cerises aigres (griottes, dans l'idéal. Pour moi, les burlats les moins mures, parce que le griottier n'a pas l'air motivé à nous fournir beaucoup de griottes cette année)
750g de sucre
¼ de litre d'eau
1 petit bouquet de menthe fraîche
Préparation
Lavez et dénoyautez les cerises, mélangez-les avec le sucre dans la bassine à confiture.
Faites une infusion très concentrée de menthe : faites bouillir l'eau, puis, hors feu, plongez-y les feuilles et laissez infuser 1/2h.
Versez ensuite, feuilles comprises, sur les cerises, mélangez, et laissez macérer le tout 8h.
Enlevez les feuilles de menthe et les cerises (vous pouvez jettez la menthe), et faites bouillir le jus 5 minutes, avant de replonger les cerises dedans.
Quand l'écume a disparu et que la confiture est cuite, mixez et mettez en pot.
[Confiture] Cerises aux amandes
Il y a une semaine à peu près se tenait une foire aux plantes par chez nous... à laquelle je n'ai pu aller, occupée que j'étais à me tourner les pouces à la brocante de quelques kilomètres plus loin. S'y trouvait un confiturier ― un monsieur qui fait des confitures, pas le meuble :) ― artisan et inventeur de tout un tas de recettes originales et semble-t-il délicieuses (aurais-je su cela que foin de brocante, je me serai précipitée à la foire !), auxquelles mes parents ont goûté. L'avantage, c'est que je peux maintenant proposer des confitures originales sans avoir droit à une méfiance instinctive et généralisée, puisque ça se fait pour de vrai ;)
Et c'est le moment des cerises... comme elles sont bien gorgées d'eau en plus, vues les pluies torrentielles de ces derniers jours, il convient de les cuire vite avant qu'elles ne soient gâchées. J'ai donc fait 2 sortes de confitures à la cerise : aux amandes, et à la menthe ― pas testé encore mon idée de confiture de Mirkwood, façon Forêt Noire ;) avec chocolat-amandes-kirsh, vu que j'ai passé toutes nos cerises avec les deux autres confiottes...
Ingrédients (pour 5 pots de confiture)
1,5kg de cerises bien mures
750g de sucre
200g d'amandes décortiquées
(1 sachet de vitpris)
Préparation
Lavez et dénoyautez les cerises. Laissez-les macérer une nuit avec le sucre.
Si vous utilisez du vitpris, ajoutez-le au moment de la cuisson, et faites cuire jusqu'à ce que l'écume ai disparue.
Sinon, enlevez les cerises, et donnez cinq minutes de bouillon au jus avant de les replonger dedans, et poursuivre la cuisson 1h30 environ (idem, l'écume doit avoir disparu).
Pendant ce temps, émondez les amandes en les plongeant quelques minutes dans l'eau bouillante : la peau partira toute seule. Hâchez-les grossièrement.
Quand la confiture est cuite, versez les amandes, mixez grossièrement et mettez en pot.
14 mai 2007
Carte postale de printemps
Rentrer en nage et en retard quand
même les grillons peinent à crisser
sous la chaleur et
se taisent sur une note de mécanisme brisé
– retrouver le frais de la maison
entendre
le bruit chuintant d'une douche
et sentir tout courage
m'abandonner au long de l'eau
– je n'irai pas au cours de dessin
ce soir
plus envie de me dépêcher ni de courir
Préférer prendre
l'apéritif en terrasse
les glaçons qui éclatent
dans le cocktail improvisé
1/4 de rhum blanc – 1/4 de jus
de fraises – 2/4 de jus d'orange sanguine
et une fraise du
jardin sur le verre pour décorer
S'autoriser à se détendre
et s'affaler les pieds nus
fermer les yeux faire
le silence en dedans
ne plus être qu'étoffe de
peau
qu'effleure le vent et réchauffe le soleil
Dîner en terrasse à la
lumière du couchant
et aller chercher le dessert
directement sur l'arbre
– les burlats que les merles n'auront
pas encore mangées
Laisser la fenêtre
ouverte toute la soirée
pour prendre le frais quand il
revient
et laisser s'échapper les notes de la Fantaisie
Pastorale Hongroise de
Doppler
se prendre au jeu esquisser des pas de danse
prendre des mines devant la glace
et regarder les doigts
merveilles de mécanique humaine
s'animer comme s'ils ne
m'appartenaient pas
sur ma flûte d'argent
mourir en même
temps que le diminuendo
puis sautiller
chuchoter
prendre des airs grandiloquents
folâtrer
gronder
pleurer
puis rire
et s'envoler
« The first part of the
Fantasy is a very old tune and one should be played with freedom and
expression – with the espression of someone telling a very exciting
story. [...] The middle part should be played with expression [...].
The end should of course be played in the true gipsy style and with a
bravura that makes one want to go on dancing. »
–
être fière de moi : la symphonie dure une dizaine de
minutes
mais je l'ai enchaînée par coeur sans accrocs
Laisser
la fenêtre ouverte toute la nuit
pour que rentre
l'odeur de l'herbe fraîchement coupée
– se
réveiller
vaguement
de temps en temps
juste pour en profiter
et se rendormir aussitôt
11 mai 2007
[Encre] Tryptique aux chats
Voici un "tryptique" que j'ai dessiné pour une carte d'anniversaire (coucou Fanny et Philippe :)), et comme ça rendait très bien, j'en ai aussi fait un pour moi -- sauf qu'évidemment l'encre a bavé, ce que j'ai fais disparaître par la magie de l'ordinateur, mais du coup il me faudra une troisième tentative sur papier :).
Le modèle original était Vega-la-Belle, stylisée pour n'en conserver que les courbes essentielles, à partir des croquis que j'avais tenté de faire -- allez croquer un chat qui bouge tout le temps !
10 mai 2007
Carte postale de printemps
Choses qui font que la journée
commence belle :
la caresse du soleil sur les bras
qui fait
frissonner la peau
du contraste avec l'air frais
le souvenir du nuage blanc
l'odeur du seringat
perceptible bien avant que de voir
l'arbuste
et sa cascade d'albâtre et d'or
les tartines de pain à la farine
bio
grillées
beurrées généreusement
confiturées plus généreusement
encore
de marmelade d'abricots au rhum
le croquant
le fondant
l'acidulé léger de soleil en pot
Se souvenir -- et pourquoi se souvenir
de cela maintenant ? --
que les Japonais torturent les arbres
pour les nanifier
les plier à leur volonté
d'imitation de la nature
et pour cela
les dépouillent de leurs
feuilles
forcent leur croissance en formes torturées
pincent les feuilles épargnées
en bout de branche
-- par sympathie
se faire arbre grand
élancé
fier et libre
flamme de tronc droit et souple
jet net
jeté à la face des hommes
les feuilles en fouillis d'ombre et
lumière
les branches en exubérance
sauvage
un bouleau blanc
un hêtre gris
un noisetier roux
un chêne brun
un saule blond
fiers élans vers le ciel
et pourtant humbles dans leur façon
de donner la fraîcheur
-- promettre à la nature
aux
arbres
au monde
de ne jamais avoir de bonsaï
hérésie humaine
ni de jardin japonais
à part pour une chose :
les dalles de pierres blanches dans
l'herbe verte
Pour le reste
préférer les envolées sauvages d'une prairie
champêtre
les accords en coquelicot majeur
le rouge
fougueux passionné
mais léger pourtant
bonne humeur folâtre
entre les grandes herbes folles
les odeurs de foin vert encore sur pied
et en bordure un mur de rosiers
sauvageons
églantines légères en liane
07 mai 2007
[Pains/Biscuit] Muffins de la saison creuse (pomme-citron-noix)
Le début du printemps est toujours un peu délicat en ce qui concerne les fruits... les fraises commencent tout juste et ne sont pas assez nombreuses pour que l'on puisse faire autre chose que les manger sitôt cueillies, et les fruits d'hiver touchent à leur fin...
Il ne restait dans la corbeille à fruit que des pommes à compotes, ridées, voire talées. Et un citron du citronnier de la terrasse. Saison creuse, quoi.
Mais tout n'est pas perdu, et il reste possible de faire de succulents muffins pour les goûters – succulents, même mon père est d'accord ; pour rétablir la balance, ma mère trouvent qu'ils collent, bien entendu.
Les proportions sont pour beaucoup de muffins, mais je préfère manger ça en goûter que des biscuits – moins de beurre et plus de fruits :)
Ingrédients (pour 26 muffins)
500g de pommes
100g de noix
1 citron
1cc de cannelle en poudre
300g de farine
100g de beurre ramolli
400g de sucre
1 cc de bicarbonate de soude
1 oeuf
1 bouchon de rhum brun
Préparation
Travaillez le beurre en pommade, puis ajoutez le sucre et mélangez pour faire mousser. Ajoutez l'oeuf battu.
Tamisez la farine avec le bicarbonate, et versez en pluie sur le reste de la pâte. Mélangez.
Pelez les pommes, épépinez-les et coupez les en dés.
Cassez les noix et hachez grossièrement les cerneaux.
Zestez le citron et exprimez le jus dans la pâte, puis le rhum, et les fruits (sans oublier la cannelle).
Mettez en moule, et enfournez 25 minutes à 200°C.
03 mai 2007
[Entrée] Rillettes de thon
Plat tout simple et très bon, idéal pour l'été en accompagnement d'apéritif, ou de petits radis croquants, ou de salade d'endives, ou juste tartiné sur du pain grillé avec une salade verte craquante (et un olive noire de Nyons dessus). Plus simple encore ? : à la petite cuillère ! :)
C'est meilleur quand c'est frais : prévoyez donc d'y préparer une ou deux heures à l'avance, pour que ç'ai le temps de refroidir au réfrigérateur...
Ingrédients (pour 5)
300g de Saint-Moret (ou de brousse avec 2 cs de crème fraîche, j'ai essayé hier soir et c'est bon aussi)
300g de thon en boîte
le jus d'un citron
1cs de vinaigre
sel poivre
1 ou 2 gousses d'ail émincées (ou un oignon frais)
persil (ou ciboulette)
Préparation
Écrasez grossièrement le thon à la fourchette.
Ajoutez le fromage, mélangez bien.
Ajoutez le jus de citron, le vinaigre, l'ail et le persil, salez et poivrez (si vous aimez les épices-qui-piquent, vous pouvez en mettre aussi pour relever).
Remélangez pour que ce soit bien homogène, et mettez au frigo.
[Plat]Clafoutis salé au brousse et aux tomates cerises (confites)
Ma mère était contente que je sois rentrée de vacances... je peux m'occuper des repas le soir, du coup :) Et donc, j'ai empoigné mon « Flans fars et clafoutis », à la page indiqué, et presque rien modifié, sauf la quantité de crème (beaucoup trop à mon goût dans la recette, je trouve toujours ça écoeurant), d'herbes (5 brins, ça fait franchement pas beaucoup!) et de tomates (et aussi le fait que les tomates cerises étaient confites, et non fraîches).
Ingrédients (pour 5-6)
75g de farine
4 oeufs
20 cl de crème fraîche
30cl de lait
100g de brousse
16 tomates cerises (oui, bon, plus... les tomates c'est bon !)
sel et poivre
un bouquet de ciboulette
Préparation
Préchauffez le four à 180°C.
Battez les oeufs en omelette.
Ajoutez la farine en pluie et fouettez pour obtenir un mélange onctueux et sans grumeaux.
Versez le lait et la crème en continuant à fouetter.
Rincez et coupez la ciboulette finement, incorporez-la à la pâte.
Écrasez grossièrement le fromage, ajoutez-le à la pâte, salez, poivrez.
Répartissez les tomates au fond du moule et versez la pâte dessus (on peut faire ça dans un moule à cake, le flan se tient bien même démoulé. Attention, il gonflera à la cuisson : ne remplissez pas à ras-bord !).
Faites cuire 25 minutes (mouaif... plutôt 45, peut-être à cause du moule à cake, comme c'est plus épais, ça cuit moins vite ?), laissez tiédir avant de déguster...

