26 juillet 2007
Carte postale d'été
Recueillir la chaleur du soleil jusqu'à
sa disparition
derrière la croupe des montagnes
debout
dans l'herbe à pâturage
là où s'éteind
le dernier rayon
Faire taire les grillons à son
passage
l'herbe sous les pieds nus devient humide
le frais fait
frissonner la peau encore tiède de lumière
Passer par la cuisine pour faire
chauffer la bouilloire
et préparer une tisane des lutins
―
verveine et fleurs de camomille, principalement
―
avec l'odeur
revenir un temps chez Fanny et Philippe
peu avant Noël
S'installer sur la table de la salle à
manger
avec une bonne trentaine de bouquins
et l'indispensable
ordinateur
Le soir est bon encore
Choisir de la
musique en accord
avec l'été calme et la nuit
engrillonée
―
Debussy
et ses nocturnes
son Clair de Lune
et ses Préludes
Miles
Davis et sa trompette solitaire
comme une déchirure
timide
dans le voile du temps.
Insensiblement
les grillons se taisent
une odeur pleine de pluie se pose
et le
léger égrénement des épis d'eau
pose
le silence au dehors
Seuls les crapauds touquent touquent
et le
chant des arbres et de la pluie s'emmèlent
Nuages
La tisane a fini
par refroidir...
22 juillet 2007
[Sauce] Vinaigre de framboises
Indispensable pour la vinaigrette des Elfes des Bois ;) et extrêment simple à réussir...
Ingrédients (pour 1,5L de vinaigre) :
- 1 kg de framboises
- 75g de vinaigre de vin blanc (ou de cidre... Attention, pas du vinaigre blanc ! de vin blanc. Le vinaigre blanc est à base d'alcool modifié, et ne s'utilise pas en cuisine, à part pour conserver les cornichons. Et encore, ça me fait bizarre, parce que j'utilise le vinaigre blanc pour nettoyer les plans de travail et plaques de cuisson...)
Préparation :
- Ecrasez dans une terrine les framboises, puis versez sur la pulpe 75cl de vinaigre.
- Mélangez, couvrez, et laissez reposer une semaine en remuant tous les jours avec une cuillère en bois (tous les jours ou presque... j'ai bien dû oublier ça deux ou trois fois...)
- Garnissez un saladiez d'une mousseline (ou plus simplement, prenez une passoire fine) et versez la préparation. Laissez égouter.
- Remplissez les flacons, et utilisez le vinaigre à l'envie !
[Breuvage] Sirop d'abricots
(? J'étais pourtant persuadée de l'avoir posté ?)
Ce n'est pas un secret : l'abricot est mon fruit préféré... Je le mange à toutes les sauces, et l'ai décliné en confiture, sorbets, tartes, cakes, clafoutis, huile (celle-là je l'achète, je n'ai pas de pressoir tout de même :)), nature (sur l'arbre de préférence, mais pas forcément), rôtis (avec un rôti de porc)... et en sirop ! C'est très fin, comme goût, et un peu inhabituel -- ça change de la menthe et de la grenadine.
Ingrédients (pour 2,5L environ) :
- 2 kg d'abricots
- 1L d'eau
- Même poid en sucre qu'en jus.
Préparation :
- Coupez les abricots en morceau, faites-les attendrir dans l'eau.
- Ecrasez-les et laissez-les reposer 24h dans leur jus.
- Pesez le jus, ajoutez le même poid en sucre.
- Portez à ébulition et faites cuire doucement 5 min.
- Ecumez, mettez en flacons ébouillantés et égouttés.
- Bouchez et conservez dans un endroit frais.
[Breuvage] Crême de mûres
Ayant à affronter cette année, non l'abricotier, mais les mûriers (les ronces, pas l'arbre :)), je me retrouve avec profusion de ces fruits qui concurrencent les myrtilles en matière de teinture bleue...
Et j'avais bigrement envie de faire de la crême de mûres. J'ai donc pris la recette de la crême de cassis de mon arrière-grand-mère, remplacé les cassis par des mûres (à mon avis, on peut aussi faire ça avec des framboises, même que ça doit pas être mauvais du tout!), cassé les pieds à mes parents en Corse par téléphone interposé pour savoir quelle bouteille de vin je pouvais prendre ("il me faut du vin rouge à 12°" "Prend un Côte du Rhône récent, à droite, dans la cave" "Bah, j'ai trouvé que du Saint-Joseph de 98", "Non non non, surtout pas ! un de 2005-2006" "Y'en a pas" "A gauche, regarde, y'a du vin bio" "Y'en reste une seule, de 2002, je prend quand même?" "Oui, prend !" "Sinon la mer est bonne ? J'entend les mouettes, là..."), et ziouplà, voici une crême de mûres légère qui se laisse bien boire...
Ingrédients (pour 2L) :
- 750 de mûres (ou framboises, ou cassis)
- 1L de bon vin rouge à 12°
- Sucre.
Préparation :
- Lavez les fruits si besoin, puis écrasez-les dans une terrine.
- Ajoutez le vin rouge et faites macérer 48h.
- Puis, exprimez le jus à l'aide d'un tamis -- ou passez le tout au moulin à légume, pour enlever les graînes. Pesez le jus, et ajoutez le même poids en sucre.
- Faites bouillir 5 min, et laisser refroidir jusqu'à 40°.
- Filtrez, et conservez en bouteilles bien bouchées.
La crême se consomme dans l'année...
15 juillet 2007
Carte postale d'été
La surprise tiède du soleil
timide
par un matin frais
―
fermer les yeux
lever le nez
et ronronner en silence.
La surprise fraîche de l'eau
claire
par un après-midi chaud
―
frissonner de froid
prendre une grande inspiration...
... et rester sur la pointe des
pieds.
Rester à bronzer au soleil
à
attendre que les cigales taisent enfin
leur stressant
craquètement
―
le bruit d'un jet d'arrosage automatique
dans les grands champs de
maïs
par un été étouffant
Avec le soir le silence revient
un
criquet respire dans l'herbe
un lézard vient ne rien faire
à côté de moi
―
se caler un peu mieux
pour plus étendre les jambes
Le
soir et les étoiles
la fraîcheur qui
s'installe
rentrer chercher un plaid s'en vêtir comme d'une cape
et ressortir regarder le
ciel
― se reporter
quelques jours en arrière
une autre herbe humide
une
autre maison
une clairière aux grands arbres
et beaucoup
plus d'étoiles dans la nuit noire
Chercher à se
souvenir de la forme d'Orion
ne repérer que la Grande Ourse
ou la
Petite, d'ailleurs
―
un petit grillon stridule et violonne
le temps n'est plus qu'une notion absente...
Where now the Dwarves and the
Hobbits? Where are the Dragons that were burning?
Where are the
Humans and the Elves, and the bright hair flowing?
Where is the
hand on the harpstring, and the pipes and flutes whistling?
Where
is the clearing and the path and the tall corn growing?
They have passed like rain on the
mountain, like a wind in the meadow;
The days have gone down in
the West behind the hills into shadow.
Who shall gather the sounds of the
sweet voices vaning,
Or behold the dear faces from Faerie
returning?
13 juillet 2007
[Etude] Le chêne - 1
Voilà une première promenade sous la chênaie... Rien de nouveau pour toi, Tilkalin, tu peux garder les noyaux dans tes poches ;) j'ai découvert d'autres choses encore, mais je n'ai pas eu le temps de tout lire... Du reste, ça devient un peu trop cosmogonique pour être utilisable dans le cadre d'une étude sur Thorin.
Le chêne et le tonnerre
La Mythologie des arbres de Jacques Brosse, (ch.3, « Le chêne oraculaire ») synthétise l'essentiel de la symbolique du chêne, et de ses associations divines.
Pour les Grecs, le chêne est associé à Zeus, dieu de la foudre. Le chêne était aussi le seul arbre à pouvoir accueillir autant des dryades que des hamadryades (les dryades peuvent quitter l'arbre avant sa mort, mais les hamadryades meurent en même temps que lui).
Pour les Germains, si le frêne est l'arbre d'Odhinn, le chène est celui de Donar-Thor, dieu du tonnerre, et équivalent de Zeus-Jupiter.
Les Lituaniens, peuple indo-européens, associent le chêne à Perkunas, lui aussi dieu du tonnerre et dont le nom dérive directement du terme indo-européen pour chêne.
Les
Estoniens, qui eux sont un peuple Finno-Ougrien, l'associent à
Taara, nommé aussi « le Vieux Père »,
« Père du Ciel », et qui est... dieu du
tonnerre et divinité suprême.
Avec tout ça, on peut sans crainte affirmer que le chêne et le tonnerre sont intrinsèquement liés, et que le chêne est le représentant végétal du dieu suprême.
Thor et Perkun
De façon linguistique, il semble que le chêne et le tonnerre soient intimement liés aussi, si l'on remonte à l'indo-européen (je précise tout de même que je ne suis pas linguiste, et que je ne peux pas valider ce que je lis. Ce qui suit est à prendre avec des pincettes, donc).
Thor signifie « tonnerre », du vieux norrois « Þórr ».
Quant à Perkun(as), j'ai tissé un peu pour le plaisir, notamment grâce à un fuseau très riche de l'arbre celtique, Erc – étymologie dont on peut en retirer ça :
Il y aurait un vieux théonyme pan-indo-européen dérivé de la racine *per-k-: "frappeur", "tonnerre", racine qui a donné son nom au chêne dans diverses langues européennes (dont le latin quercus), ce qui donne par un tour de passe-passe un -erk, et on retombe sur -eik de Eikinskaldi.
Dans
un autre fuseau du même site, j'ai un son de cloche un peu
différent
(http://forum.arbre-celtique
[...] Le seul grand dieu connu de tout les Baltes, Perkunas, dieu des cieux, de la foudre notamment, puis, par la suite, de la guerre, qui ne peut être que l'avatar balte du grand dieu suprême indo-européen.
Son nom est étymologiquement identique au sanskrit Paryanyah, vieux-norrois Fjörgyn(n), slave Perun ou Perkun, grec Phorkys, qui tous convoient l'idée de " propice, favorable à la vie"; si l'on pousse ce type d'analyse au maximum, on en vient à établir une relation du même genre avec le latin quercus : le chêne.
Perkunas serait donc l'anthropomorphisation de l'arbre qui, par excellence, incarnait la vie profuse et féconde et jouissait, à ce titre , d'un culte fondamental.
Telle paraît donc être l'idée que les Baltes se faisaient de la divinité suprême ! Auprès de Perkunas, les quelques autres divinités individualisées dont nous avons les noms peuvent passer pour de simples spécialisations du même ordre d'idées : ainsi de Zempat, maître de la terre chez les Pruthènes et dont le nom dénote peut être d'une influence slave, de Laukosargas, gardien des champs et protecteur du blé auquel il faut probablement identifier le Kurke cité dans une source de XIIIe siècle et qui recevait traditionellement la dernière gerbe fauchée ( coutume également familière aux anciens Scandinaves), identiques l'un et l'autre, éventuellement au lituanien Nonadeï.
Il est frappant tout de même de constater qu'en aucun cas nous ne sortons d'un complexe mental foncièrement agraire. En quoi s'imposerait l'idée, déjà avancée, de " blocage" à un stade certainement fort reculé de la préhistoire".
Extrait d'un texte de Régis BOYER, professeur à l'université de Paris VI ( Germains et nordiques - Slaves ).
Du
Perkunas « maître
du chêne », on passe à un perkunas
« favorable à la vie »...
Le chêne, arbre robuste
Le
combat des arbrisseaux
(http://www.arbre-celtique.com
Les valeurs associées sont la rapidité, la vaillance, et une valeur de soutien :
Derw buanawr.
Racdaw crynei nef
allawr.
Glelyn glew drussiawr
Y enw ym peullawr.
Le chêne est rapide :
devant
lui tremblent le ciel et la terre.
C'est un vaillant portier
devant l'ennemi.
Son nom est un soutien.
[...]
An deilas blaen bedw.
An dathrith
datedw.
An maglas blaen derw.
O warchan maelderw.
Le bouleau nous a couverts de
feuilles :
il nous désenchante et nous change.
Le
sommet du chêne nous a ensorcelés
par l'incantation
de Maelderw
riant le long du rocher.
La dernière strophe, je la cite juste pour la citer... Taliesin avait dû manger des amanites avant d'écrire ce texte, il est incompréhensible ! :)
En tout cas, on rejoint des qualités intrinsèquement guerrière : le chêne est un arbre robuste, sur lequel on peut s'appuyer. Justement, le chêne le plus connu / répandu est le Quercus Robur, ou chêne pédonculé, dont la traduction littérale signifie "Chêne robuste/fort" (bizarrement, robur a donné "rouvre", le nom d'un autre chêne dit aussi chêne sessile, mais dont le nom latin est quercus petraea... le chêne qui pousse sur la pierre).
12 juillet 2007
[Confitures] Confiture d'abricots ampuisais au caramel de romarin et aux amandes
(Fangorn va être déçu, ce n'est qu'une recette de cuisine... mais promis, d'ici peu, je vous offre une virée en forêt, en chênaie, même, et Tilkalin n'aura même pas besoin de semer le chemin de meules de pierre et pierres taillées :))
En rentrant de Faerie, j'ai trouvé la demeure parentale vide ― tous partis en Corse ―, le lave-vaisselle plein, et l'abricotier croûlant sous le poid des fruits, dont une bonne partie était déjà tombée (et mangée par les lapins, ces malandrins n'ont laissé que les noyeaux, ou les parties abimées !). Le problème était que les fruits étaient éclatés : la pluie avait dû être abondante pendant mon absence, je n'ai jamais vu ça encore. Mais qui dit fruits plein d'eau, dit fruits pourrissant vite. Il fallait donc que j'en fasse fissa quelque chose, et un clafouti aux abricots n'allait pas suffire à écouler le stock.
J'ai donc inventé une confiture qui me trottait en tête depuis quelques temps (et mis à profit le temps de cuisson assez long pour relire certains articles sur Tolkien :)).
Ingrédients :
1,3 kg d'abricots dénoyautés
1 petite branche de romarin frais
800g de sucre
2 verres d'eau d'eau
2 poignées d'amandes émondées et coupées en deux
Préparation :
Lavez et dénoyautez les abricots.
Faites un caramel dans la bassine à confiture, en faisant cuire à feu très doux le sucre avec l'eau et la branche de romarin. Remuez constamment ; quand le caramel chante quand vous raclez le fond de la casserole avec une cuillère en bois, enlevez le romarin ― il aura parfumé le sucre, déjà ― et versez les abricots.
Laissez cuire à feu plus vif. La cuisson sera plus longue, à cause de l'eau du caramel. Quand l'écume disparaît, ajoutez les amandes coupées en deux, et attendez la fin de la cuisson.
Mettez en pot.
J'ai goûté ça ce matin, et je m'inquiétais de ce que le goût du romarin pourrait ne pas être assez prononcé, mais en l'enlevant avant de mettre les fruits, c'est amplement suffisant.
