Pendant que le vent au dehors
se déguise en souffleur de novembre
et échevèle les platanes de la rue
plonger dans la rêverie des autres :

« Suddenly Frodo himself felt sleep overwhelming him. His head swam. There now seemed hardly a sound in the air. The flies had stopped buzzing. Only a gentle noise on the edge of hearing, a soft fluttering as of a song half whispered, seemed to stir in the bought above. [...] [Merry and Pippin] shut their eyes, and then it seemed that they could almost hear words, cool words, saying something about water and sleep. They gave themselves up to the spell and fell fast asleep at the foot of the grey willow. »

J.R.R. Tolkien, LotR, B1C6

Si je dors longtemps à l'ombre
du grand saule droit au bord de l'étang
le rêve de l'arbre entrera dans mon rêve
Mon corps feuilli frémira pour chasser
un pic-vert en train de marteler mon écorce
pendant que je retourne à l'école
en tablier noir          afin d'apprendre à lire
et que la maîtresse ressemble à l'infirmière
dont je ne vois que les yeux
derrière le masque bleu          Est-ce le saule
qui se rêve écolier dans la classe enfantine ?
Est-ce moi qui me fais tronc          branches             feuilles agitées?
Ou bien la vie vivante qui mélange nos rêves ?

Claude Roy, « Qui rêve à qui ? », A la lisière du temps, 6 – Automne.

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Arthur Rackham, "The old woman in the tree"