Le Chancours

Le ruisseau de la clairière sussurre joliment, effleurant sans y croire la souche d'un hêtre...

11 janvier 2008

(Andrew Bird) The trees were mistaken

En boucle depuis ce matin...


Andrew BirdThe Trees Were Mistaken
Je ne me lasse pas de cette transe violonistique... et le cd est maintenant disponible chez Fargo !! :)

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10 janvier 2008

West-end story : last day

Dernier jour pour les quatre voyageurs de concert, au soleil de midi partiront (heure solaire)…

Tartiner encore de la pâte à tartiner côte d’or, délice des Belges introuvable en France, sur du pain blanc belge…

Faire de la divination foireuse et en déduire que Gurth connaîtra une union légitime dans l’année.

Rebeca-la-Belle me tendant avec un grand sourire l’énorme filet d’oranges : « Tu ne voulais pas faire une salade d’oranges avant de partir ? »…

La confectionner sans artifice, à part une lichée de Triple Sec.

Se mettre à table à l’heure de partir…

Et puis partir.

 

We’ll be back !

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08 janvier 2008

Westend Story : third day

Le troisième jour fut sylvain, comme peut l’être une Saint-Sylvestre : c'est-à-dire qu’il fut gourmand, essentiellement, et qu’on y vit la mer, encore une fois.

La matinée mit du temps à démarrer ; cette fois-ci, je fus debout de bonne heure, ayant renoncé à poursuivre vainement le sommeil – avoir l’ouïe fine est parfois une plaie. Ayant entendu des bruits de chaise et de porte, je crus ne pas être la seule à avoir les yeux ouverts, mais il devait s’agir des voisins, car tous dormaient dans la maisonnée. Et je dû attendre bien deux heures avant que Lamberte ne vienne me tenir compagnie.

Puis petit à petit, émergèrent quelques têtes, et les rires et chansons reprirent comme à l’accoutumée. L’Empereur-à-la-Cigogne fut bon dernier à se montrer, habillé en style « saut-du-lit », et frustré d’avoir manqué tant d’heures de délires et de jeux.

Nous eûmes aussi la visite de Zelphalya-au-Papillon-d’Argent, venue en voisine, mais en coup de vent.

Mélilot ayant emmené un jeu de tarot divinatoire, votre ménestrelle se mit en tête d’apprendre les cartes. Première question venue à l’esprit : « Qu’est-ce qu’on mange à midi ? » (les sylvains ont quelques points communs avec les Hobbits). La réponse ne se fit pas attendre : le chariot indiquait qu’il fallait aller faire des courses, et vite, midi étant passé déjà…

Or donc, Rebeca, Mélilot et moi-même sommes parties en cariote en direction des magasins, pour ce que 18 personnes ne se nourrissent pas d’air et d’eau. Et hélas, durant l’heure que dura leur absence, Zelphalya dût partir, ce qui nous priva d’adieux…

Nous revînmes chargées de denrées nécessaires – pommes de terre et chocolat, et un énorme filet d’oranges, ainsi qu’une brioche longuement cherchée, qui devait servir de support à la bûche – et l’on put se mettre à préparer le repas. Spaghetti bolognaises, superbement interprétées par Guillaume et Pierre-le-Belge.

La claustrophobie guettant, et le temps étant beau, une bonne partie des participants repartirent voir la mer, longeant la plage et la marée montante, se perdant dans les dunes et multipliant les détours inutiles.

Terrassés de fatigue, sur les coups de 18 heures, Dodie, l'Empereur-à-la-Cigogne et moi-même nous réfugiâmes à l’étage pour dormir un brin, délaissant le pauvre Loinvoyant qui attendait de l’aide pour réaliser la buche du jour-de-l’an. Dodie réussi à se lever pour l’assister à la confection du sirop, mais Laegalad, moi-même donc, n’eut que la force de se glisser dans son duvet pour dormir une demi-heure supplémentaire.

Puis, vint l’heure de se préparer pour le Réveillon. Et lors l’on pu admirer jouvenceaux et jouvencelles, car tous (ou presque) avaient emmenés belles tenues pour fêter la fin de l’année : qui chemise médiévale, qui jupe moirée, qui jupe noire, qui costume de ville et qui petite robe noire.

Le waterzoï circula en abondance, les chants furent entonnés, et petit à petit approcha/recula/stagna/revint/reparti l’heure fatidique.

Car il faut signaler que l’objet le plus intrigant, et sans doute le plus chargé de magie, de tout le moot, était une horloge en apparence capricieuse : car la trotteuse trottait son chemin pendant les 25 premières secondes, avant de se lancer ardemment à l’assaut de l’heure, prenant son élan, soufflant un peu, manquant un palier, repartant d’un bond, reculant d’un petit pas, et passant le 12 sans s’arrêter… Et pourtant, rien ne pouvait l’empêcher d’indiquer l’heure juste. Et le compte à rebours fut animé :

« 20… 17… 18… 15… 14… 10 … 12… … 5… 3… 6… 2… 2 !! »

Et trinquèrent les verres, les « Bonne année ! », les feux d’artifices et les bulles d’or…

Ainsi l’année finit-elle en beauté, illuminée des sourires et des charmes des mootants, égayée par le champagne emmené par la jeune Forfi.

Et ainsi l’année recommença-t-elle, par la répétition des chants de l’année précédente…

« Nous sommes les Nains sous la Montagne * Touc, Touc *

On creuse le jour, on boit la nuit * Touc, Touc *

Et on n’aime pas ceux d’la surface ! »

(Les Touc Touc remplaçaient les frappées de chope de bière sur la table, les voisins ayant le sommeil sensible et ne semblant pas apprécier les festivités sylvestres. Cependant, si aucun objet redondant ne fut abattu sur le plateau de bois, nul doute que les cœur-joie ne les ai tenus quand même avertis de notre belle humeur).

 

Puis, comme à chaque fin de journée mootique, tous furent se réfugier, petit à petit, dans le sommeil… Le seul évènement nocturne fut la déconfiture de Tar Palantir, qui, souhaitant se réfugier dans la salle de bain en milieu de nuit, la trouva déjà occupée par Elwë.

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04 janvier 2008

Westend story : second day

Entre réveils soudains et endormissements longs, et à l’opposé de mes habitudes coutumières, le lendemain vit mon réveil à… 10 heures passées. Après avoir inquiété les mooteurs réveillés, me craignant morte dans mon sac de couchage, et découvert que le Numénoréen s’était réfugié dans la salle de bain pour dormir, la rendant inaccessible pour les ablutions plus trop matinales, je fus donc avaler un petit déjeuner. Et voyant les autres installés sur les fauteuils, je les rejoins juste à temps pour visionner deux perles du septième art, regorgeant de répliques profondément philosophiques et de plans fixes à la beauté immuable… Car ainsi en est-il des versions non officielles de Pocahontas et Merlin l’Enchanteur. De ces chefs-d’œuvre, retenons que « Etre propre, c’est être Indien » (« Oui, mais ils n’ont pas de Gilles dans la rivière ! »), que le maïs ne pousse que « dans la terre de la forêt et l’eau de la rivière », que les faucons ont les yeux bleus et parlent avec une voix stupide (« Mais où est le donjon ? ») en plus de s’appeler Cynthia, et enfin, qu’il ne faut pas dire « Rapporte » à un dragon si l’on ne veut pas qu’il revienne (et encore moins lui caillasser la tête si l’on ne veut pas qu’il se fâche).

Pendant ce temps, Tar Palantir avait libéré la rivière… heu, salle de bain, pardon… Puis arrivèrent trois autres participants, Gawain et Elba avec Hyarion dans leur carrosse. L’Empereur Elwë fut victime d’un sort soudain et se proposa de faire la plonge du petit déjeuner, à l’effarement suprême de votre servante, qui se campa à ses côtés pour observer le phénomène, craignant d’affabuler et d’avoir la berlue. Elle fut cependant cordialement invitée à quitter les lieux, l’Empereur ne voulant « personne dans sa cuisine » et qu’on le « laisse en paix » (signe que le sort était très puissant, car dans son état normal, en plus de n’avoir jamais eu à l’esprit de faire la vaisselle, l’illustre et aimée impérialité n’aurait pas hésité à enrôler de force de l’aide pour la corvée).

Après le repas, Pierre-le-Belge mena la troupe en balade vers les domaines de Raversidge ou approchant… Entre chemins de boue et sentes de sable, reconstitutions d’habitats de pêcheurs et catapultes de Nains, les promeneurs parvinrent à une plaine où d’étranges édifices – si l’on peut dire – avaient étés laissés : de longs tunnels dans lequel le Loinvoyant tenta de se perdre – sans succès, Singo le Rigolo l’attendait au bout avec son appareil photo – et un octacle figuré au sol, servant certainement à de magiques incantations pour peu qu’on puisse réunir suffisamment de participants… Sans hésiter, la Sylvaine se plaça à l’Ouest, suivie par une Dodie intriguée, un Dragon peu peureux, une Lamberte qui ne lambinait pas… Prenant plus de risques encore, l’Empereur des Sindar, tel un Provençal le Gaulois, se plaça au centre de l’octacle, à l’emplacement même de la Porte Astrale. Mais les autres, sans doute atterrés par un tel comportement suicidaire, restèrent hors du cercle et n’avancèrent pas. Seul Ben, en fourbe Nain, se mit à chercher la vanne qui selon lui devait déclencher la fontaine sur laquelle se trouvait l’Empereur… Dépités, les aspirants magiciens reprirent donc la route sans avoir pu percer le secret de la porte astrale.

Ils suivirent le chemin entre les dunes, et finirent par longer une portion du Mur de l’Atlantique, de sinistre mémoire… Votre servante préféra perdre son regard dans les vagues, et marchant qui sur le quai, qui dans le sable et inversement, la troupe avança. Une voiture passa en klaxonnant, et l’Intrigante et la Princesse Russe – on finira par s’y perdre dans tous ces qualificatifs – eurent un moment la berlue, pensant reconnaître un regretté absent, Isengar le Ménétrier, qui leur adressait de grands signes. Hélas, ce n’était pas leur Touc préféré, mais un quidam quelconque qui saluait d’autres promeneurs à leur côté. La belle Elba, par contre, à qui ce sémaphore avait rappelé Dior le Magnifique, eu l’idée d’entrer en contact avec lui, et appris que celui-ci venait d’arriver à la maison désertée, avec le Romain Incanus… Or donc, ils nous retrouvèrent sur le chemin du retour, salués de joyeux « Cousiiiiiin !! » « P’tit fils !! » « Romain ! », et finirent la route ensemble. Dior le Grand avait pensé à emmener le Précieux Ecrit vol.17, dans lequel se plongea votre conteuse, à la recherche de toute mention sur ses chers arbres… En découvrant que kalina signifiait en Quenya « Illuminé (par le soleil) », l’assemblée eu une pensée émue pour Tilkalin-Ami-des-Elfes, absent lui aussi de la joyeuse rencontre.

Puis la jeune Forfirith arriva, emmenant le printemps dans ses pas, et la soirée commença. Tristement, Dior et Incanus, qui n’étaient que de passage, nous quittèrent. Et comme la veille, petit à petit, les participants se retirèrent, et restèrent les mêmes à la fin. Découvrant qu’une jeune fille qui aurait pu répondre au nom de Boucles Brunes s’était endormie sur son matelas gonflable, l’Empereur fit comme le Papa Ours des contes et se mit à gronder, réveillant ainsi tout l’étage… L’incident fut rapidement clôt cependant, et se finit dans les fous-rires, perturbant peut-être quelques sommeils.

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Westend Story : first day

Oyez, oyez donc, amis lecteurs et probablement mooteurs, puisque ce récit est pour vous en souvenir de notre rencontre, et aussi pour ceux qui l’ont manquée, hélas, et qui furent forts regrettés ! Oyez donc, ouïssez dès lors, le récit de ce Réveillon de Rêve, qui mena la ménestrelle que je suis de la fort belle Capitale des Gaules à Westend, Oostende-du-bord-de-mer, sur les Rives du Nord… Périple qui pourrait sembler périlleux et propice aux péripéties, mais comme vous le lirez, l’Etoile brillait au dessus de nos fronts, et… mais j’avancerai trop loin dans l’histoire…

Or donc, il fut décidé que le Réveillon de 2007 serait fêté dans les belges contrées, en un long moot de quatre jours au moins, et qu’ainsi serait inaugurée l’année 2008, sous le signe de la rencontre cordiale et chaleureuse.

Votre servante, du fait d’accointance avec quelqu’Empereur exilé en contrée alsacienne, pu profiter d’une escale strasbourgeoise, lors de laquelle elle retrouva d’autres comparses avec qui elle allait partir pour d’autres horizons.

Départ vendredi pour Strasbourg, avec cinq heures de corail avant de trouver mon comité d’accueil dans le hall de la gare – et quel comité d’accueil : un Empereur, une Intrigante et un Nain :) Le pré-moot a donc commencé, sur les chapeaux de roue même, puisque nous avons pu inaugurer le nouveau carrosse impérial, portant livrée grise. Le temps de passer au pied-à-terre de son Impérialité, d’y retrouver l’Impératrice Charlotte, de poser les sacs et valises, et nous voilà partis en direction d’un restaurant au nom imprononçable (que j’ai d’ailleurs oublié), mais fort agréable : flamenküches, biche et spätzles maison, accompagné d’un Riesling de jolie robe…

Le lendemain, départ 9h30 (juste compromis entre l’heure que je souhaitais et celle que Julien voulais, soit entre 9 et 10h), pour cinq heures environ de route : les compétences du pilote et du copilote ont fait que nous sommes arrivés entiers et sans nous perdre une seule fois. Zut, ne pas se perdre pour aller en moot, c’est presque pas un vrai moot ! Même la maison fut trouvée du premier coup !

Et nous y attendais déjà quelques participants, Belges pour la plupart… La répartition des chambrée fut annoncée, et la Sylvaine, ravie, appris que l’Empereur allait dormir à ses pieds… elle ne put s’empêcher d’applaudir à cette idée.

Comprimées et compressées par le trajet, sitôt posés les bagages, Dodie aux pieds légers et la Sylvaine qui vous parle céant réclamèrent sitôt la Mer, pour ce qu’elles savaient qu’elle n’était pas loin, et on ne promet pas la Mer à un Elfe… De concert, ils s’y rendirent donc, ne s’arrêtant que pour une effusion d’embrassade : Rebeca-la-Belle, Mélilot-Fleur-d’Or et Lamberte-à-la-Plume-de-sang arrivaient tout juste d’emplettes. Mélilot, aguichée par l’idée de la promenade, les laissa s’occuper du coffre pour nous rejoindre. Et c’est ainsi, guidés par un couple de valseurs (deux empereur, un Sinda et un dieu), que nous sommes partis pour la plage, pour la Mer, pour l’infini encore une fois…

 

Le chant des mouettes de la terre

 mêlé au cri des mouettes de la mer

le vent mêlé dans les cheveux

l’exaltation au cœur le point-de-douleur attendu langui

 celui qui révèle le véritable exil languir inexorable

assourdi parfois, jamais assouvi,

 car toujours toujours il y aura un autre ailleurs une autre mer un autre départ

 Et la voici  la voilà

la belle mer lourde et grise du sable des plages sous-marines

la mer  terreuse et écumante de chevaux blancs

la mer joueuse  dévoilant ses trésors dans le sable

la mer qui reflète ses vagues dans l’écume des nuages

double reflet  perdant le regard,

car qui saurait dire qui joue

 le miroir de l’autre ?

 

Et les coquillages sont noirs sur le sable…

 

 

 

 

Pardonnez, amis, cette envolée lyrique… La mer produit toujours ce même effet sur moi, je ne puis y couper. Mais il me faut reprendre le récit, reprendre le fil de notre rencontre, retrouver… Retrouvons donc, rentrés au chaud, nos compagnons tout justes arrivés pendant notre absence : le Dragon de pierre, Tar-Lampadaire (ainsi nommé pour la rime) et Mélodye le Bonzaï, qui seront, pour la journée, les derniers arrivés.

 

Le repas suivi donc, fort émaillé de rire et d’humour au vingtième degré (au moins), de réinterprétations de contes de fée, et cela fut consigné – voire censuré – par Pierre-le-Belge, qui voulait récolter les perles mootiques en un carnet rouge… Un à un, les participants rejoignirent leurs matelas, et la soirée/nuitée finie pour les six restants par des jeux… Ainsi, Pierre le Dragon et Pierre le Belge formèrent une flotte puissante de corsaires que ni Dodie-aux-yeux-verts et Singo-le-Rigolo, et encore moins Ben-nain et Régalade (puisque je fus ainsi, entre autre, affublée, comme les autres, d’un surnom ridicule ;)), ne parvinrent à abattre…

Puis, terrassés quand même par la fatigue, ils finirent par aller chercher le sommeil… qui fut long à venir.

 

Ainsi fini cette première journée… et il est temps pour moi d’aller déjeuner.

 

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18 novembre 2007

Andrew Bird au Transbordeur...

Et bien voilà. Le monde peut bien s'écrouler à présent, j'aurais vu Andrew Bird en concert... Grandiose. Cet Artiste a un talent fou, une façon de revisiter chacun de ses titres qui fait que  l'on est surpris à chaque fois... Transbordeur, donc. Debout contre la grille à trois mètres de l'Oiseau Chanteur. Comme une gamine à qui l'on annoncerait que Noël a été avancé de 40 jours. Je devais avoir vraiment l'air de le boire des yeux, le bassiste m'a regardé droit dans les yeux en faisant un grand sourire :D

Beaucoup de reprises de son dernier album, Armchair Apocrypha, mais quelques titres aussi du précédent, et d'autres plus anciens encore, dont un Why qui est la meilleure version que je n'ai jamais entendue... Pourtant, des versions de Why, j'en ai ! Mais joué ainsi, en jouant avec le texte, avec son violon, avec les mimiques, avec... aaaah !

free music

Andrew, Andrew, Andrew... embarqué dans son monde et moi avec... Un pur concentré de Faerie, car le temps a fait comme il fait en moot : il se rétracte en même temps qu'il gagne en intensité, au point de ne plus exister durant la parenthèse enchantée.

L'occasion aussi de faire la connaissance de Sophie, aussi fan que moi ;) C'est d'ailleurs elle qui, pendant que les techniciens, après le concert, installaient la scène suivante, est venue me chercher en me disant "Tu veux un autographe d'Andrew Bird ?"... Une question que ne se pose pas ! Tellement émue, pas remise encore du choc du concert, à peine si j'ai pu lui demander l'autographe et lui dire "That was very, very great... You have to come back to Lyon !"... Je m'en veux, pourtant je ne suis pas une quille en anglais, j'aurais pu lui dire tout le bien que je pensais de sa musique, mais je tremblais déjà comme une feuille, les jambes coupées... Mais je suis repartie avec ma place de concert marquée "To Stephanie" avec un coeur gribouillé dessus et signé du Grand Andrew... Déjà mise sous verre :D

Après Andrew, impossible d'apprécier Rhesus... pas du tout le même genre, d'ailleurs, beaucoup plus bruyant (sympa, mais public plus adolescent. Idéal pour se défouler)... Du coup, minuit étant passé et mon bus redevenu citrouille dans les jardins de la Tête d'Or, je suis repartie à pied jusque chez moi... Mais même les 45 minutes de marche n'ont pas  brisé mon moral... D'ailleurs, seulement 45 minutes pour faire le Transbo-Baraban, je carburai sans doute à l'essence de Faerie ;)

Prochain CD en février !! "Soldier on", illustré par Jay Rian, le même illustrateur que Weather System et The Mysterious Production of Eggs. Le cd était déjà en vente sur place, mais évidemment, je n'avais que ma carte bleue sur moi, et ils ne la prenaient pas... Du coup je me suis vengée en arrivant chez moi en achetant plusieurs cd sur le site d'Andrew, ainsi que les badges :)

Et je veux des chaussettes rayées. Si, ç'a à voir avec Andrew :D Parce qu'il ne joue pas qu'avec les mains, il joue aussi avec les pieds, sur les pédales de sample. Donc il enlève ses chaussures. Et il a des chaussettes rayées :) Des mitaines aussi, mais ça j'en ai plein plein plein, et une écharpe grise tricotée... Bon, ça j'ai pas... encore ;)

Voilà. Encore là-bas je suis... encore émue... encore sous le choc, encore les mains en compote -- je ne peux pas m'empêcher d'applaudir comme une môme à tout bout de chant ;) La voix même pas brisée, étonnement, pourtant pas faute d'avoir chanté et crié, sans parler de rentrer par le froid. Les mollets douloureux par contre, à force de sauter sur place :D

***
Edition du 19/11 : et merciiiii Philippe pour m'avoir signalé le concert ;) :D

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09 novembre 2007

Carte postale d'automne

Puisque l'ami Fangorn l'a reçue à présent, en avant première... voilà la carte postale que je lui ai écrite pour son non-anniversaire. A lire en écoutant la musique de "Howl's Moving Castle" de Joe Hisaishi, écrite pour le film de Miyazaki portant le même nom... ;)

Souvenirs éparses d'un beau dimanche
réveillée bien trop tôt d'un sommeil frileux...
La brume avant l'aube dort encore
frissonant fantôme faufillé d'argent pâle
se soulevant lentement, comme une respiration paisible...
Le silence est entier, rond et plein
comme le sera le soleil rouge quelques heures plus tard
quand il daignera monter au-dessus du bois.
Il fait frais sans faire froid.

Se promener dans le jardin
et s'arrêter, sans le réaliser tout de suite
juste au dessus d'un noeud de source,
là où le débit est plus fort
où il faudrait creuser un puits.
De là, admirer les feuillages à peine dorés
et écouter... dans le plus haut chène, un merle.
Derrière moi... sans doute un rouge-gorge,
Robin au pépiement bref.
Dans le bois, les geais des chènes se disputent joyeusement
puis se fâchent après une pie.
Dans la haie... mésanges, peut-être ?
Et là, un ruban de Choucas des Tours,
mes mouettes-de-la-terre, dont le chant,
dont les appels tirent le coeur
et appellent vers un ailleurs – lequel, seulement ?

Chercher à séparer les odeurs aussi
mais la fraîcheur les rend fugaces :
la terre humide et froide, bien sûre,
toujours là, pleine et nourrissante.
Si on le secoue, le basilic sent encore un peu
une vague odeur de fumée.... en écrasant une touffe de serpolet
l'odeur des champignons.
Mais l'odorat humain est bien limité !
Les mains gelées, rentrer dans la cuisine,
retrouver l'odeur de « chez-les-parents »
-- odeur de gâteau, de bois cirée, et vaguement encore, de colle à tapisserie.

Plus tard dans la journée,
s'échapper du brouhaha d'une réunion familiale
pour aller se promener en solitaire...
Laisser le coeur ralentir son allure,
retrouver le calme d'une respiration ample,
les odeurs de feuilles mortes, d'herbe et d'humus.
Trouver un nid tombé au sol et le ramasser soigneusement
-- un tout petit nid tapissé de plumes grises,
bien rond et bien entrelacé ;
le prendre comme un heureux présage
et se remettre en route avec le précieux poid-plume.
Passer le pré aux chevaux, le chemin est bordé de hêtres et de charmilles
Le soleil qui commence à descendre
leur donne de sa belle lumière d'or brillant
Dans l'ombre des talus, quelques feuillages
ont gardé le jaune éclatant,
et continuent d'éclairer les sous-bois.
Continuer jusqu'aux champs de maïs,
trouver deux épis oubliés et les ramasser
-- Flopsy le lapin sera content.
Redescendre ensuite avant le frais,
avant l'ombre du soir
-- il faisait tellement bon
que je n'ai même pas pris de manteau.

Dernière surprise de la journée : un chevreuil
pas du tout affolé
traverse la route juste devant la voiture,
pilée nette par mon père.

L'animal au beau pelage, démarche gracieuse,
ne daigne même pas tourner la tête vers nous.

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21 octobre 2007

Carte postale d'automne

Samedi matin bien mérité... s'accorder de traîner au lit,
puis de traîner pour petit-déjeuner,
juste histoire d'apprécier la baguette d'orge
avec la croute du crouton qui craque
Se mettre en route à 9 heures et demie
pour retrouver Cécile à la Part-Dieu
et se rendre au marché sur le Quai Augagneur

Crochet par la rue Villeroy,
Cécile souhaitant se rendre à l'épicerie Bahadourian
-- elle m'y mène en connaissance de cause... Avais-je prétendu
n'avoir besoin que de graînes de pavot bleu ?
C'était oublier la cardamone, les cinq épices,
les graines de tournesol et la farine d'épeautre,
et la fleur de sel de Guérande...
Extirpées de ce lieu de perdition – non,
je n'ai pas besoin de vinaigre parfumé à la noisette !
Direction les quais...
Le froid est mordant, le vent glacial,
et la proximité du Rhône ajoute l'humidité,
mais le cadre est toujours aussi agréable,
la vue sur l'Hôtel-Dieu et Fourvière...
Flâner devant les étals, craquer pour un pain au noix et un autre aux lardons
croute craquante et couverte de farine
hésiter devant les salades affriolantes,
robes à froufrous vertes et rousses
-- se décider pour une doucette et une laitue brune.
Choisir un beau potimarron d'un orange très vif,
un chou-fleur en robe verte – avec dans l'idée de manger
quelques fleurettes crues
avec une vinaigrette... ou une sauce au yahourt ?
Vient ensuite l'étal du fromager... l'épreuve est difficile,
le comté s'impose. « Doux ou fruité ? » Fruité... 24 mois d'affinage
un goût de noisette et de beurre, fondant en bouche et très doux au palais...
Découvrir qu'ils ont de la vraie mozzarelle bufflone
– celle qui ressemble à une tête de Schtroumpf,
ronde avec un chapeau plus ou moins phrygien --
et en prendre une nature – garder l'envie de goûter à la fumée
pour la fois prochaine
de même qu'au beurre de baratte
et à la quantité de petits fromages de chèvres
au thym, dans une feuille de châtaigner,
au marc de raisin,
crémeux à point
ou tout blanc de fraîcheur
et à la tête de moine.
Ajouter à cela une demi-douzaine d'oeufs,
et un pérail jeune  : « Très bon choix »
-- il n'y a que des bons choix en fromage...

Epreuve ultime : les fleuristes.
Ayant décidé que de toute façon toute résistance est inutile,
s'offrir un joli bouquet rose, assorti à la jupe et au vase.

Rentrer bien chargées – et bien frigorifiées --
à l'appartement... Le plaisir de cuisiner
des plats « comme chez les parents »,
doucette agrémentée de graines de tournesol,
saucisse de morteaux et pommes de terres
comté merveilleux sur pain aux lardons
et kakis murs à point.
Pour finir un thé Sensha, « Sur la Route de Shannon »,
aux écorces d'orange...

Retourner par la suite sur les quais, direction librairie cette fois-ci...
Le pas vif et le nez en l'air, inspirer l'air tout aussi froid
d'un froid qui s'accorde très bien avec le ciel tout bleu
                  une mouette
les odeurs de crèpes et de marrons chauds.
Revenir pas trop chargée de bouquins,
mais prendre tout de même le tram pour rentrer
-- à peine regretter de ne pas traverser le pont à pied,
et ne plus regretter du tout en voyant
les écharpes qui volent et les chapeaux rattrapés du bout des doigts.
Une gaminette toute blondinette aux grands yeux bleus
sacré caractère pour les deux ans et demi qu'elle doit avoir...
S'écrouler sur la chauffeuse en rentrant, bénir l'inspiration de la veille,
qui consistait à cuisiner « avec des restes ».
Le velouté de champignons est tout prêt,
le gratin de potiron aussi.
Avant d'aller dormir, sentant un léger rhûme venir,
se préparer un lait chaud au miel et à la fleur d'oranger
-- comme quand j'étais petite, et que j'avais mal à la gorge,
et que je pouvais réveiller maman en pleine nuit pour qu'elle m'en prépare un.

Le lendemain, dormir encore plus, traîner encore plus
– sachant que ça ne m'arrivera pas avant quelques autres fins de semaines encore
de pouvoir étirer autant le temps.

Dans l'après-midi, trouver la motivation nécessaire
pour aller marcher au Parc de la Tête d'Or
-- vent toujours glacial, froid toujours mordant,
mais cette fois-ci, je sors mon manteau de Russian Lady...
Le froid ne mordra que mes joues ainsi.
Flaner au parc, respirer l'odeur de l'herbe, l'odeur de la terre
l'odeur des feuilles mortes et des roses dans la roseraie
-- chercher à deviner au nez les notes de parfums
mandarine pour l'un, musc pour l'autre, et une odeur très florale,
mais indéfinissable pour un troisième ;
le froid rend l'exhalation des parfums plus ténue.
Epier du coin de l'oeil le Robin pépiant,
boule de plume à rouge-gorge.
Caresser l'écorce d'un bouleau
et effleurer le bout des fougères.
Apprécier le soleil à sa très juste valeur
et languir d'un chocolat chaud à la cannelle...
A 4 heures et demie, le froid s'appesanti... Rentrer donc
par le bus, retrouver le chaud-douillet de l'appartement
et faire fondre les carrés de chocolat dans le lait
avec beaucoup de cannelle fraîchement râpé dedans
-- l'odeur du lait chaud, la chaleur dans les mains
et la tartine de pâte de noisette trempée dans la tasse

...petit goûter d'automne...

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25 septembre 2007

Carte postale d'automne

Le bruit des pas de pluie aux volets
elle clapote pieds nus sur le bois
et son parfum léger rentre par la fenêtre ouverte

             Il est dimanche, et c'est l'automne.

Ouvrir distraitement les yeux
et rester à l'écouter les membres engourdis de sommeil
             replonger dans une rêverie aqueuse paresseuse

Pas de brume au-dehors
le temps est doux et bon             le soleil amical
le vent du sud est tombé.
Petit-déjeuner face au verger de mes parents
le cerisier perd feuille à feuille sa parure d'or
distrait lui aussi dans sa contemplation calme des nuages...

L'odeur du café donne faim
confiture de pruneaux à la menthe odorante
et gâteau aux coings et à l'huile d'olive
en forme de cake et non rond, car c'est toujours
au moment de verser la pâte dans le moule qu'on s'apperçoit
qu'il nous manque un moule à manqué
ou un plat à tarte
ou un plat à clafouti
ou...
aller commander un poulet fermier rôti pour midi
les broches commencent juste à tourner
passer à la boulangerie pour prendre une flûte du Dauphiné
et un pain aux céréales lin jaune, lin brun, pavot, sésame et seigle,
croute croustillante sous les doigts
une légère odeur de farine brûlée
et celle du pain frais et des croissants chauds
― les bonnes boulangeries font partie des lieux de perdition.

S'en éloigner très vite pour aller rendre visite à Mémée
les grosses poules rousses picorent dans le jardin
les framboisiers ont encore quelques framboises en bout de branche
en piquer une au passage
les asters bleus sous la fenêtre          le romarin en fleur.
Toquer à la porte et voir son visage ravi
« Tu es bien matinale ! »
se faire payer le café avec une part de tarte aux pommes
par pure gourmandise.
Bavarder un moment, l'inviter à venir chez moi pour mon anniversaire
et faire fi de ses protestations « ça va te faire du travail ».
Repartir une heure plus tard avec des napperons en crochet
de ses mains faits, même si je n'ai pas les meubles encore
qui les mettraient en valeur.

Poursuivre les visites en allant chez mes grands-parents
ma grand-mère s'affaire déjà en cuisine
pizza au basilic pour midi
et y faire aussi mon marché...
la pluie a cessé
il fait bon de chaleur humide
les feuilles de lavande exhalent encore un parfum
mais l'odeur du serpolet prédomine
réhaussée par la terre chaude et mouillée
le parfum de l'automne
celui des temps à champignons.

Rentrer chez les parents
préparer la poelée aubergines et tomates du jardin
salade verte de Roger avec des graines de sésame grillées
sorbets maison en dessert abricot ampuisais, mure et framboise.

Promenade dans l'après-midi avec ma mère
dans les vergers
les pêchers gouttent encore du matin
les feuilles des vignes virent à un beau cramoisi
les pommes rouges brillent dans les pommiers
et quelques framboises énormes n'attendent qu'à être cueillies
et picorées de suite.
Ne rien trouver à ramasser, ni à marauder
les récoltes n'ayant pas été faite,
l'aubépine étant passée.
Le plaisir de dérouler le pied sur un sol légèrement élastique
de sentir les muscles travailler pendant les montées
le plaisir des goutelettes qui picotent la peau de froid
un nuage de passage tout gris
mais qui s'en va vite.

Rentrer prendre un thé sur la terrasse
prendre un panier pour faire le tour du jardin
une grenobloise rousse,
un gros bouquet de persil, de romarin, de basilic et de serpolet
quelques navets pour une soupe
un joli bouquet rouge de dahlias, de roses et de gaillardes
et préparer déjà mes affaires
victuailles pour quelques jours...

Au soir attendre le train
pour revenir sur Lyon...
le ciel de nuit est nuageux
sans un seul picoti d'étoile visible
le quai est bondé d'étudiants qui rentrent chez eux valises pleines
Odeur de feu de bois humide de pluie et de parfums mélangés...

Posté par Laegalad à 09:54 - Sensations fugaces - Commentaires [5] - Permalien [#]

20 septembre 2007

Carte postale d'été

Souvenirs d'un beau week-end à Florac
(Lozère)

7 heures du matin… se retourner dans le lit et tenter de se rendormir
– l’arrivée a été tardive la veille, et je suis probablement la seule à être éveillée

Trois-quart d’heure de vaine lutte contre l’éveil plus tard,
descendre du grenier en essayant de ne pas faire grincer les escaliers
– échec à l’avant dernière marche, mais nul ne bouge…
L’horloge de la cuisine sonne tout juste huit heures
le matin est frais-brumeux
et les fruitiers jouent aux fantômes derrière le jardin.

Pendant que le café passe,
se munir d’un sablé
et aller le grignoter dehors
– le jardin est tout fleuri de d’asters, dahlias et reine-marguerites,
quelques courges éclairent le sol
comme de grosses lanternes oranges
et s’évadent au-delà du grillage, se mêlent aux rosiers roses et parfumés
– l’odeur fraîche et sucrée d’une rose de campagne
simple de mise et éclatante de couleur.

S’aventurer dans l’herbe haute et humide du verger
apercevoir un mouvement sombre dans le noyer
martre ? fouine ? Un bond élégant sur le pommier le plus proche :
un écureuil , rouquin de corps sauf pour le panache balancier
couleur brune de labour.
Les abeilles commencent déjà à travailler
malgré le froid qui me fait regretter les mitaines
restées dans mon sac au grenier…

Rentrer déjeuner, le bas du pantalon complètement détrempé par la rosée
café bien corsé, muffins pomme-canelle-raisins-amandes
et confiture de sureau sur grandes tartines.
La brume se lève à 9h30 et dévoile un grand ciel bleu tout propre
sans un nuage.

Aller ramasser les têtes d’orties et les cœurs de pissenlit pour la soupe du soir
et partir en courses à la ville – saucisses aux herbes, à la châtaigne, au roquefort
salades vertes et tomme fraîche,
le jardin suffisant à prodiguer les légumes et les fruits.

Manger sur la terrasse sous la treille gorgée de raisins
puis aller faire la sieste dans le verger
– l’odeur du foin au soleil, en meules rondes
qui ne permettent pas de s’y adosser et se prennent un peu pour des hérissons
à piquer la nuque et les épaules de qui chercherait à s’y adosser.
Refluer à l’ombre et lire à plat ventre
en laissant jouer le soleil entre les feuilles du pommier
– chercher à deviner sans se retourner où le rayon vient se poser
le creux du pied la courbe de la cheville 
la main droite qui tourne les pages puis repousse une mèche
laisser son corps en repos, la respiration lente, le cœur calme et content
sur la basse continue du chant du Tarnon
et le crin-crin régulier des criquets
métronome tressautant parfois
de la durée du verger.

La chaleur passée, aller à la vigne au bout
tout au bout du grand champ.
L’herbe criquette au passage
chaque pas soulève une étincelle rouge, ou bleue, ou verte
la chaleur pèse encore et l’ombre est désirable
– la fraîcheur du chant d’eau qui humidifie les pensées.

Cueillir du raisin, des figues bleues, des pommes et des coins
tailler du noisetier  tremper les pieds dans le Tarnon
– sentir le sang s’aviver la vase glissante
l’eau au parfum d’ombre de pierre d’algue et de sable chaud et sec
les petits poissons effrayés d’abord puis curieux
qui viennent chatouiller les chevilles.

Ramasser des galets bien plats, bien gris
admirer l’acharnement têtu des saules rabougris
ramassés sur leurs racines et opiniâtres sur leur pied
attendant l’eau de la rivière bien basse
en remuant leurs feuilles pour l’imiter.

Retourner à la ferme avec le soir
cueillir les tiges rouges de rhubarbe – odeur de sève et de terre
pour la tarte automnale – rhubarbe sur compotée de pomme et crème aux amandes.

L’odeur de la soupe aux orties et son goût surprenant – un peu fort cependant,
mais sans doute à cause des pissenlits du reste une lichette de crème
vient rééquilibrer le potage.

La nuit  et  la  

            voie

lactée

 Blanche 

  immense 

brillante 

 silence

Le sommeil sous les poutres chaudes
l’odeur du bois
 un grillon ?

Réveil plus matinal encore que la veille – ne pas oublier cette fois-ci les mitaines
mais la brume est moins présente
juste posée sur le creux du pré
entre les arbres mouvante  elle s’approche
mais s’évapore avant de m’atteindre
écouter
 le chantonnement content de la rivière
résonne dans les clochettes des moutons
un pépiement bref
un rouge-gorge me regarde curieusement de la grappe de raisins
puis s’envole brusquement

En attendant de ne plus être la seule réveillée
se poser au salon encore tiède de la flambée de la veille
– odeur de cendre et de cire –
lovée sur le canapé avec un livre
– l’escalier craque quand je commence à avoir faim
petit déjeuner en compagnie
tartines de pain au noix beurrées et couverte d’un lacis de miel
des mêmes abeilles que j’ai vu la veille
s’affairer dans le lierre.

Quand la fraîcheur se fait moins sentir
remonter le Tarnon à sec  en sautant parfois de roc en roc
ramassant encore quelques galets plats
respirer à plein poumon cette odeur nourrissante
de pierre mouillée  de terre gorgée  de rondeur pleine  humide  fraîche
note piquante d’herbe parfois de rayon de soleil évadé entre les buissons

Cueillir un gros bouquet d’herbes – l’oseille, la ciboulette,
et le massif de persil plat qui colonise joyeusement
l’espace derrière le puits
– l’ombre et l’humidité lui plaisent.
Cueillir aussi avant de partir
un bouquet rose et blanc
de reines marguerite dahlia pompons et roses ouvertes
les emmitoufler dans un linge détrempé pour qu’elles survivent au voyage.

Ne pas oublier avant de partir
de grappiller encore quelques mûres aux ronces
pour piniocher en route…

 

Posté par Laegalad à 15:39 - Sensations fugaces - Commentaires [2] - Permalien [#]



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