Le Chancours

Le ruisseau de la clairière sussurre joliment, effleurant sans y croire la souche d'un hêtre...

25 juin 2007

Carte postale d'été

L'eau est froide
24 degrés tout juste
mais le soleil est chaud comme il faut
En profiter pour prendre des couleurs
et barbotter un long moment dans l'eau
― sauver trois coccinelles
dont une obstinée qui  voulait absolument se noyer.

Ecouter les geais faire les idiots
comme une nichée de frangins
qui se volent dans les plumes se disputent
puis se liguent pour chasser une grosse pie.

Se diriger ensuite vers la terrasse
et se mettre à sécher sur la chaise longue
Epicure à portée de main
« [...] le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse »

Frissons léger           le soleil se pare de nuées
juger plus prudent de rentrer ce qui craint l'eau.

Avant la pluie  cueillir un gros bouquet
de marguerites  gaillardes et roses rouges
sentir quelques gouttes fantômes sur la peau
invisibles mais fraîches
piquantes comme des grains de sable

Se délecter du premier abricot ampuisais de la saison
ramassé sur l'arbre  juste en caressant
du bout des doigts
sa peau pâle et veloutée
mûr à point           il tombe dans la main
n'attendant qu'à être savouré les yeux fermés
L'ouvrir en deux pour en sentir l'odeur
et en déguster la chair parfumée


Le vent se lève            ça sent la pluie
rentrer vite les draps tout crissants de chaud
et de soleil
premier roulement de tonnerre
le ciel est noir vers les montagnes
rentrer dans la cuisine

Comme la pluie crépite
mettre à chauffer la bouilloire
et préparer un thé rouge aux fruits

Plus tard dans le soir
la belle lumière du couchant doré
vient frapper la pluie du levant
mais l'arc-en-ciel est fendu
comme une arche en ruine
à laquelle il manquerait tout le haut
A la place           les nuages sont d'une étrange couleur orangeâtre
de celle qui annonce les pluies de sable

Juste avant de se coucher
ouvrir la fenêtre pour laisser entrer l'odeur de l'herbe mouillée
et le bruit léger de la pluie

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22 juin 2007

[Desserts] Cake aux fruits rouges et aux amandes

Histoire de fêter... heeeu... ben pas la fin de mon stage, finalement, vu qu'il est prolongé d'un mois... j'ai emmené des cakes ce matin -- ce qui fit 4 gâteaux en tout, une collègue en ayant aussi emmener pour fêter son anniversaire :) -- réalisés hier en vitesse avant de filer au repas de fin d'année du dessin (pour lequel j'avais fait un Clafoutis aux chèvre et fines herbes, en remplaçant la crème et le lait par du fromage blanc... oui, même mes propres recettes, je ne les suis pas :D)...

Comme j'aime les choses légères, et comme il y avait des framboises (note dans un coin : trouver moyen d'embarquer des framboisiers pour mettre sur le balcon quand j'aurai un chez-moi), j'ai fais une variante dans la recette en battant les blancs en neige, ce qui donne un résultat tout léger qui ferrait oublier le beurre dedans :D

Ingrédients :

· 3 oeufs

· 150g de farine

· 150g de sucre

· 150g de beurre

· 80 d'amandes en poudre

· 200g de fruits rouges (framboises - mûres - fraises pour l'occurence)

· 1/2 sachet de levure chimique

 

Préparation :

· Préchauffer le four à 180°C. Mettre le beurre dans le moule à cake et enfourner, pour faire fondre le beurre pendant la chauffe, et beurrer le moule en même temps.

· Mélanger la farine, la levure et le sucre dans un saladier.

· Séparer les blancs des jaunes. Creuser un puits dans la farine, y verser les jaunes d'oeufs et le beurre fondu. Ajouter les amandes.

· Battre les blancs en neige bien ferme, les incorporer délicatement dans la pâte.

· Rincez les fruits s'il y a lieu, les verser dans la préparation et mélanger doucement, pour ne pas trop les écraser.

· Enfourner 40 minutes environ, les laisser refroidir avant de démouler.

Si en plus on peut servir ça avec du sorbet à la framboise, ou une salade de fruits rouges...

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18 juin 2007

[Croquis] Le saule du cimetière

Le titre n'est pas très joyeux, mais puisque c'est là que pousse le saule, je ne pouvais guère faire autrement... Il s'agit d'un croquis que j'ai réalisé jeudi dernier, lors de mon  dernier cours de dessin. De ce cours, j'ai retiré deux enseignements :
1. avoir enfin compris comment reporter les mesures sur le papier par rapport à la ligne d'horizon
2. ne jamais se mettre en jupon pour faire des croquis d'extérieur par jour de vent... N'avoir que les feuilles du bloc de dessin à retenir est amplement suffisant.

Je pensais avoir le temps de le reprendre -- le croquis :) -- ce week-end passé, mais finalement non... En attendant, voici la version originale :

saule

Réalisé à la mine graphite (dite aussi "mine de plomb") sur bloc d'esquisse. Il me reste à retravailler quelques valeurs, notamment pour les branches du saule...

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11 juin 2007

[Confiture] Confiture de Mirkwood (cerises façon Forêt noire)

Week-end passé à barboter dans la piscine en essayant de bronzer un brin... Tiens, les merises dans le bosquet sont bien mûres... mmm... merises = cerises sauvages... justement, je n'ai toujours pas mis en application mon idée de confiture façon Forêt Noire... mmm... oui, tiens, allons donc, avec des merises, ça ira très bien !

Et me voilà sortie de l'eau pour ramasser les merises, et illico transformer ça en confiture.

Ingrédients (pour trois pots de 375g)

  • 800 g de merises dénoyautées (ou de cerises acidulées)

  • 800 g de sucre (si les cerises sont sucrées, mettez 600g)
  • 80 g de chocolat noir
  • 50 g d'amandes effilées
  • 3 cs de kirsh

Préparation :

  • Les merises, comme fruits sauvages, sont toutes petites... adieu donc dénoyauteur, il va vous falloir les dénoyauter une à une au couteau... et ne pas être dégoutté, parce qu'elles sont farcies de petits asticots blancs qui ne vont pas tarder à vous grimper sur les mains. (qu'ouïs-je  ? Un « Beeeeeeeeeeeerk » ? N'ayez crainte : au dénoyautement, une bonne partie partira, et à la cuisson, ils sont faciles à enlever, ils remontent à la surface ; mais enlevez-les tout de suite : dès que la confiture écume, c'est fichu, vous ne les voyez plus ! Néanmoins, la prochaine fois, j'utiliserai des cerises « normales »... dénoyauter les merises, c'est dire adieu à toute manucure, j'ai encore les ongles tâchés de jus – non je ne me manucure pas les ongles, mais quand même! ;)).

  • Versez les merises (et leur garniture restante :p) dans la bassine, ajoutez le sucre. Faites cuire à  bouillons jusqu'à ce que vous ayez une belle écume.

  • A ce moment, enlevez les cerises avec l'écumoire, réservez-les. Plongez les amandes dans le sirop, et attendez que l'écume reprenne pour replonger les cerises dedans : elles seront comme confites.

  • Quand la confiture est prête à prendre, ajoutez le kirsh, laissez cuire encore 30 secondes et arrêtez tout.

  • Et le chocolat, on en fait quoi du chocolat ? Vous aurez eu le temps de le hâcher grossièrement. Alternez, lors de la mise en pots, confiture et chocolat, refermez bien.

  • Je pense préférable de conserver la confiture au frigo, du fait de sa teneur en chocolat... mais c'est une belle réussite, je trouve, on a vraiment l'évocation de la forêt noire sur une tartine :)

Posté par Laegalad à 13:20 - Gourmandises - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 juin 2007

Carte postale de printemps

Soirée de nuages ardoise au levant
soleil joyeux au couchant
les arbres ont vêtu leur plus beau vert
et se détachent intensément devant le ciel
Les couleurs semblent plus vives
le rose encré de bleu des pois de senteur
– comme une tâche d'encre bleu s'étalerait sur un buvard rose –
– et d'ailleurs, pourquoi « pois de senteur »,
alors qu'ils ne sentent rigoureusement rien d'autre
qu'une vague odeur de sève laissée sur les doigts
après la cueillette ? –
la paille pâle des herbes folles
le jaune éclatant et suave des genêts
– odeur de chaleur sèche de plein été

Un peu plus loin sur le chemin
l'âcre piquance d'un feu de bois humide
qui pique un peu le nez             qui pique un peu les yeux
mais réchauffe             même si l'on n'en voit que la fumée épaisse.

Un petit oiseau sur le fil
qui pépie joyeusement
il a le ventre d'un joli jaune verdelet
la taille d'une mésange
– je chercherai son nom en rentrant
(mais aurai le temps d'oublier de le faire en arrivant)

Pensant à l'oiseau
être surprise par une odeur oubliée
une odeur de sieste paisible dans la tiédeur d'un après-midi calme
– le vent au nez            la chaise longue          les tâches de soleil sur les paupières fermées –
une odeur de poudre d'or aux doigts
– les draps blancs sur la terrasse pour faire sécher les plantes –
et de bain moussant après une journée paresseuse
– laisser l'eau soigner la fatigue          oublier le reste...

Le premier tilleul a fleuri dans le Bois de Georges
celui qui est toujours en avance           qui fleurit deux semaines avant son frère
poussant à dix mètres de là
moisson de d'étoiles d'or ailées
– quelques jours plus tard, sentir son existence à des lieues,
l'odeur mêlée des fleurs passées à celle des fleurs fraîches
et les arbres bourdonnant d'abeilles affairées          très fines          et très pelucheuses aux pattes
– leur parler doucement en coupant une petite branche
en s'étant mis à l'ombre de l'arbre
où le soleil échauffe moins les odeurs
où les abeilles sont moins nombreuses
pour ramener le parfum dans la chambre
et faire un sommeil paisible – un sommeil qui ne se réveille
que pour sentir l'odeur           et se rendormir rassurée.

Une autre nuit
le sommeil de pluie           est-ce l'odeur
est-ce le son tambourinant
qui calme autant           et donne ce sommeil d'absence-de-soi
          – ou d'être-soi-entièrement ?

Posté par Laegalad à 16:29 - Sensations fugaces - Commentaires [1] - Permalien [#]



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