04 janvier 2008
Westend Story : first day
Oyez, oyez donc, amis lecteurs et probablement mooteurs, puisque ce récit est pour vous en souvenir de notre rencontre, et aussi pour ceux qui l’ont manquée, hélas, et qui furent forts regrettés ! Oyez donc, ouïssez dès lors, le récit de ce Réveillon de Rêve, qui mena la ménestrelle que je suis de la fort belle Capitale des Gaules à Westend, Oostende-du-bord-de-mer, sur les Rives du Nord… Périple qui pourrait sembler périlleux et propice aux péripéties, mais comme vous le lirez, l’Etoile brillait au dessus de nos fronts, et… mais j’avancerai trop loin dans l’histoire…
Or donc, il fut décidé que le Réveillon de 2007 serait fêté dans les belges contrées, en un long moot de quatre jours au moins, et qu’ainsi serait inaugurée l’année 2008, sous le signe de la rencontre cordiale et chaleureuse.
Votre servante, du fait d’accointance avec quelqu’Empereur exilé en contrée alsacienne, pu profiter d’une escale strasbourgeoise, lors de laquelle elle retrouva d’autres comparses avec qui elle allait partir pour d’autres horizons.
Départ vendredi pour Strasbourg, avec cinq heures de corail avant de trouver mon comité d’accueil dans le hall de la gare – et quel comité d’accueil : un Empereur, une Intrigante et un Nain :) Le pré-moot a donc commencé, sur les chapeaux de roue même, puisque nous avons pu inaugurer le nouveau carrosse impérial, portant livrée grise. Le temps de passer au pied-à-terre de son Impérialité, d’y retrouver l’Impératrice Charlotte, de poser les sacs et valises, et nous voilà partis en direction d’un restaurant au nom imprononçable (que j’ai d’ailleurs oublié), mais fort agréable : flamenküches, biche et spätzles maison, accompagné d’un Riesling de jolie robe…
Le lendemain, départ 9h30 (juste compromis entre l’heure que je souhaitais et celle que Julien voulais, soit entre 9 et 10h), pour cinq heures environ de route : les compétences du pilote et du copilote ont fait que nous sommes arrivés entiers et sans nous perdre une seule fois. Zut, ne pas se perdre pour aller en moot, c’est presque pas un vrai moot ! Même la maison fut trouvée du premier coup !
Et nous y attendais déjà quelques participants, Belges pour la plupart… La répartition des chambrée fut annoncée, et la Sylvaine, ravie, appris que l’Empereur allait dormir à ses pieds… elle ne put s’empêcher d’applaudir à cette idée.
Comprimées et compressées par le trajet, sitôt posés les bagages, Dodie aux pieds légers et la Sylvaine qui vous parle céant réclamèrent sitôt la Mer, pour ce qu’elles savaient qu’elle n’était pas loin, et on ne promet pas la Mer à un Elfe… De concert, ils s’y rendirent donc, ne s’arrêtant que pour une effusion d’embrassade : Rebeca-la-Belle, Mélilot-Fleur-d’Or et Lamberte-à-la-Plume-de-sang arrivaient tout juste d’emplettes. Mélilot, aguichée par l’idée de la promenade, les laissa s’occuper du coffre pour nous rejoindre. Et c’est ainsi, guidés par un couple de valseurs (deux empereur, un Sinda et un dieu), que nous sommes partis pour la plage, pour la Mer, pour l’infini encore une fois…
Le chant des mouettes de la terre
mêlé au cri des mouettes de la mer
le vent mêlé dans les cheveux
l’exaltation au cœur le point-de-douleur attendu langui
celui qui révèle le véritable exil languir inexorable
assourdi parfois, jamais assouvi,
car toujours toujours il y aura un autre ailleurs une autre mer un autre départ
Et la voici la voilà
la belle mer lourde et grise du sable des plages sous-marines
la mer terreuse et écumante de chevaux blancs
la mer joueuse dévoilant ses trésors dans le sable
la mer qui reflète ses vagues dans l’écume des nuages
double reflet perdant le regard,
car qui saurait dire qui joue
le miroir de l’autre ?
Et les coquillages sont noirs sur le sable…
Pardonnez, amis, cette envolée lyrique… La mer produit toujours ce même effet sur moi, je ne puis y couper. Mais il me faut reprendre le récit, reprendre le fil de notre rencontre, retrouver… Retrouvons donc, rentrés au chaud, nos compagnons tout justes arrivés pendant notre absence : le Dragon de pierre, Tar-Lampadaire (ainsi nommé pour la rime) et Mélodye le Bonzaï, qui seront, pour la journée, les derniers arrivés.
Le repas suivi donc, fort émaillé de rire et d’humour au vingtième degré (au moins), de réinterprétations de contes de fée, et cela fut consigné – voire censuré – par Pierre-le-Belge, qui voulait récolter les perles mootiques en un carnet rouge… Un à un, les participants rejoignirent leurs matelas, et la soirée/nuitée finie pour les six restants par des jeux… Ainsi, Pierre le Dragon et Pierre le Belge formèrent une flotte puissante de corsaires que ni Dodie-aux-yeux-verts et Singo-le-Rigolo, et encore moins Ben-nain et Régalade (puisque je fus ainsi, entre autre, affublée, comme les autres, d’un surnom ridicule ;)), ne parvinrent à abattre…
Puis, terrassés quand même par la fatigue, ils finirent par aller chercher le sommeil… qui fut long à venir.
Ainsi fini cette première journée… et il est temps pour moi d’aller déjeuner.
21 décembre 2007
(croquis) Elbereth
Un croquis qui est devenu carte de voeux, et qui plus est, s'est imposé d'un jet sous ma mine de plomb : Elbereth, l'Enflammeuse d'Etoiles, honorée entre tous les Valar par les Elfes, et l'une des plus puissantes...
Durant la « période démiurgique », avant l'établissement d'Arda 'le Royaume', alors que les Valar
en général (y inclus une troupe sans nom d'autres qui ne vinrent jamais
en Arda) étaient en train d'œuvrer à la construction générale d'Eä
(le Monde ou Univers), Varda, dans la légende eldarine et númenóréenne,
était dite avoir conçu et placé la plupart des étoiles principales;
mais étant (par destinée et désir) la future Reine d'Arda, ce en quoi
réside sa fonction ultime, en particulier en tant qu'amoureuse et
protectrice des Quendi, elle était concernée non seulement par les
grandes Étoiles en elles-mêmes, mais aussi dans leur relation à Arda,
et leur apparence à partir d'elle (et leur effet sur les Enfants à
venir). Dès lors, de telles formes et motifs majeurs, que nous appelons
(par exemple) la Grande Ourse, ou Orion, étaient dits être de sa conception. Ainsi la Valacirca
ou « Faucille des Dieux », qui était un des noms eldarins de « la
Grande Ourse », était, disait-on, destinée à être ultérieurement un
signe de menace et de crainte de la vengeance au-dessus du nord où
Melkor établit sa résidence (Varda
était parmi tous les Valar la plus dotée de prescience, possédant le
souvenir le plus clair de la Musique et de la Vision dans lesquelles
elle n'avait joué qu'un rôle mineur en tant qu'actrice ou interprète,
mais qu'elle avait écoutée très attentivement).
Plus tard, lorsque les Valar prirent refuge face à Melkor, et à la
ruine imminente d'Arda, et qu'ils construisirent et fortifièrent
Valinor en Aman, ce fut Varda qui réalisa le grand dôme au-dessus de
Valinor, afin de maintenir au dehors tous les esprits ou espions de
Melkor. Il fut créé comme un simulacre du véritable firmament (Tar-menel), et les motifs y furent répétés, mais avec des étoiles apparentes (ou 'étincelles' : tinwi) de taille relative plus grande par rapport à l'espace visible entier. De telle sorte que le firmament moindre de Valinor (Nur-menel) était très brillant.
(Parma Eldalamberon #17, traduction par Cédric Pietrus, ou Dior, suivant où l'on est ;))
Les contrastes ne sont pas très bon... le scanner et, je dois bien l'avouer, le Gimp (que je ne dois pas bien savoir utiliser, sans compter que sous MacOX, il plante beaucoup plus que sous Windows), ne m'aident pas vraiment, l'original rend bien mieux :(
09 décembre 2007
(biscuits) Madeleines au citron confit
Il était temps d'étrenner, tout de même, mes cadeaux d'anniversaires ;)
En l'occurence, Ma cuisine pour les amis, surprise de l'Enfeuillé, et les moules à madeleine, surprise de la Damoiselle du Rohan. La combinaison des deux cadeaux donne des madeleines au citron confit... deux fournées, deux parfums, j'ai rajouté dans la pâte de la deuxième de la fleur d'oranger.
Ingrédients (pour 18 madeleines) :
100 g de sucre
100 g de farine
2 oeufs
100 g de beurre
1/2 sachet de levure
Dés d'écorces de citron confites
(un bouchon d'eau de fleur d'oranger)
Préparation :
Faite fondre le beurre sur feu doux, puis laissez-le refroidir.
Battez les oeufs avec le sucre et les écorces pendant 3 minutes.
Mélangez la levure à la farine, puis saupoudrez en pluie sur le mélange précédent, pour ne pas faire de grumeaux.
Incorporez le beurre fondu et refroidi.
Laissez reposer la pâte une heure au frigo (enfin, c'est ce que dit la recette... Ayant rerempli le frigo dangereusement vide hier, je n'avais plus de place dedans, donc j'ai passé cette étape. Mes madeleines sont réussies quand même).
Préchauffez le four à 220°C.
Beurrez les moules à madeleine, répartissez dans chaque une cuillère à soupe de pâte, tassez pour que la pâte soit bien répartie dans les moules (comme ça, le bombé sera bien centré à la cuisson).
Enfournez 15 minutes environ, démoulez tiède, et faites une deuxième fournée s'il y a lieu :)
Et l'appart' sent bon l'odeur du quatre-quart (au regard des proportions, c'est normal ;) Les madeleines sont une adaptation de la recette de base du quatre-quart...).
Le bouquin conseille de les servir avec une mousse au chocolat. Ayant plutôt follement envie d'agrumes en ce moment, je ferai plutôt une salade pomelos-clémentines-oranges, arrosé de jus de citron et d'un peu de cannelle...
08 décembre 2007
(Croquis) Bonne nouvelle :)
Il est de bonnes nouvelles qui rendent une journée excellente, et qui encharmillent l'esprit tout le jour... J'ai passé plus de temps jeudi à dessiner qu'à bosser, et voici un premier croquis, dont les interessés ont eu la primeur, comme de juste ;)
J'ai voulu des courbes rondes et un trait épuré, car c'est ce que m'évoque la maternité... Et la ronde que forme le trio autour du futur quatrième vient compléter cette impression...
Je ne suis toujours pas fixée quand au medium que j'emploierai pour la version finale du dessin... Peut-être le feutre noir finalement... Pour garder l'épure jusqu'au bout ?
28 novembre 2007
(soupe) Velouté beige
Pas trop envie de cuisiner ce soir, je me suis contentée d'une soupe et d'un fruit... Oui, mais pas n'importe quelle soupe : un velouté blanc. Qui fait office de plat complet.
Ingrédients :
- Un blanc de poireau
- Une barquette de champignons blancs
- Un demi-verre de riz
- Eau et lait
- Crème fraîche.
Préparation :
- Couper grossièrement le blanc de poireau et les champignons, les verser dans la casserole avec le riz, couvrir d'un mélange d'eau et de lait.
- Laisser mijoter doucement le temps nécessaire (je n'ai pas évalué).
- Mixer quand c'est prêt, ralonger avec de la crème fraîche, et déguster, tout simplement.
Le riz remplace les pommes de terre, mais le velouté n'est pas si blanc que ça, plutôt beige, les champignons brunissant en cuisant... d'où finalement mon changement d'appelation :)
22 novembre 2007
[Plat]Tourte aux champignons et à la farce
Testée hier, approuvée de suite :) Les proportions sont pour une petite tourte (dans un moule genre 20cm de diamètre), pour 3 personnes environ, quoi….
Ingrédients :
- 200g de farce (chair à saucisse ou steack hâché, dans l’idéal un mélange des deux).
- 1 oignon
- 1 barquette de champignons blancs frais (250g)
- 15cl de lait
- 1 œuf
- 1 cs de fécule de pomme de terre (ou maïzena)
- Noix de muscade râpée, sel, poivre,
- 1 rouleau de pâte brisée.
Préparation :
- Emincez l’oignon en petits morceaux, faites le fondre à la poêle dans une lichée d’huile. Ajoutez la farce, assaisonnez et laisser cuire doucement.
- Pendant ce temps, coupez les champignons en lamelles, faites les revenir aussi dans une autre poêle.
- Dans un bol, battez le lait avec la fécule de pomme de terre, puis avec l’œuf.
- Mélangez la farce avec les champignons, versez-les sur la pâte, puis ajoutez le lait par-dessus. Recouvrez des bords de la pâte et enfournez à 180°C… Pour le temps de cuisson, je ne saurai trop l’indiquer : avec mon mini-four, plus d’1h30. Normalement, 40 minutes devraient suffire, je pense…
Pendant ce temps, vous pouvez papoter au téléphone, répondre à un mail et effectuer une sauvegarde de l’ordinateur, quoi… :)
18 novembre 2007
Andrew Bird au Transbordeur...
Et bien voilà. Le monde peut bien s'écrouler à présent, j'aurais vu Andrew Bird en concert... Grandiose. Cet Artiste a un talent fou, une façon de revisiter chacun de ses titres qui fait que l'on est surpris à chaque fois... Transbordeur, donc. Debout contre la grille à trois mètres de l'Oiseau Chanteur. Comme une gamine à qui l'on annoncerait que Noël a été avancé de 40 jours. Je devais avoir vraiment l'air de le boire des yeux, le bassiste m'a regardé droit dans les yeux en faisant un grand sourire :D
Beaucoup de reprises de son dernier album, Armchair Apocrypha, mais quelques titres aussi du précédent, et d'autres plus anciens encore, dont un Why qui est la meilleure version que je n'ai jamais entendue... Pourtant, des versions de Why, j'en ai ! Mais joué ainsi, en jouant avec le texte, avec son violon, avec les mimiques, avec... aaaah !
Andrew, Andrew, Andrew... embarqué dans son monde et moi avec... Un pur concentré de Faerie, car le temps a fait comme il fait en moot : il se rétracte en même temps qu'il gagne en intensité, au point de ne plus exister durant la parenthèse enchantée.
L'occasion aussi de faire la connaissance de Sophie, aussi fan que moi ;) C'est d'ailleurs elle qui, pendant que les techniciens, après le concert, installaient la scène suivante, est venue me chercher en me disant "Tu veux un autographe d'Andrew Bird ?"... Une question que ne se pose pas ! Tellement émue, pas remise encore du choc du concert, à peine si j'ai pu lui demander l'autographe et lui dire "That was very, very great... You have to come back to Lyon !"... Je m'en veux, pourtant je ne suis pas une quille en anglais, j'aurais pu lui dire tout le bien que je pensais de sa musique, mais je tremblais déjà comme une feuille, les jambes coupées... Mais je suis repartie avec ma place de concert marquée "To Stephanie" avec un coeur gribouillé dessus et signé du Grand Andrew... Déjà mise sous verre :D
Après Andrew, impossible d'apprécier Rhesus... pas du tout le même genre, d'ailleurs, beaucoup plus bruyant (sympa, mais public plus adolescent. Idéal pour se défouler)... Du coup, minuit étant passé et mon bus redevenu citrouille dans les jardins de la Tête d'Or, je suis repartie à pied jusque chez moi... Mais même les 45 minutes de marche n'ont pas brisé mon moral... D'ailleurs, seulement 45 minutes pour faire le Transbo-Baraban, je carburai sans doute à l'essence de Faerie ;)
Prochain CD en février !! "Soldier on", illustré par Jay Rian, le même illustrateur que Weather System et The Mysterious Production of Eggs. Le cd était déjà en vente sur place, mais évidemment, je n'avais que ma carte bleue sur moi, et ils ne la prenaient pas... Du coup je me suis vengée en arrivant chez moi en achetant plusieurs cd sur le site d'Andrew, ainsi que les badges :)
Et je veux des chaussettes rayées. Si, ç'a à voir avec Andrew :D Parce qu'il ne joue pas qu'avec les mains, il joue aussi avec les pieds, sur les pédales de sample. Donc il enlève ses chaussures. Et il a des chaussettes rayées :) Des mitaines aussi, mais ça j'en ai plein plein plein, et une écharpe grise tricotée... Bon, ça j'ai pas... encore ;)
Voilà. Encore là-bas je suis... encore émue... encore sous le choc, encore les mains en compote -- je ne peux pas m'empêcher d'applaudir comme une môme à tout bout de chant ;) La voix même pas brisée, étonnement, pourtant pas faute d'avoir chanté et crié, sans parler de rentrer par le froid. Les mollets douloureux par contre, à force de sauter sur place :D
***
Edition du 19/11 : et merciiiii Philippe pour m'avoir signalé le concert ;) :D
11 novembre 2007
(Biscuits) Muffins au rhum et pamplemousse
...et confiture d'oranges amères aussi... Histoire de prolonger l'esprit mootique dans les parfums culinaires ;) Je suis repartie du moot avec des écorces de pamplemousse confites (merci Silmo !), une petite flasque de rhum ambré (merci Tar Palantir !) et ce qu'il restait du pot de confiture d'orange amère (merci Vallis !)... D'où me voici à faire des muffins avec ces trois ingrédients :)
Ingrédients (pour 6 muffins) :
- 200g de farine
- 2 cc de levure chimique
- 100g de sucre
- 1 yahourt nature
- 2 cs d'huile de tournesol
- 1 cs de rhum ambré
- 2 oeufs
- 6 cc de confiture d'orange amère
- écorces de pamplemousse confites
Préparation :
- Mélangez la farine et la levure. Ajoutez le sucre, puis le yahourt. Mélangez grossièrement.
- Battez les oeufs en omelette, ajoutez au mélange.
- Humectez la pâte avec l'huile et le rhum.
- Coupez les écorces en dés, ajoutez-les à la pâte.
- Versez au fond de chaque moule à muffins une cs de pâte, posez au coeur un cc de confiture, et recouvrez d'une cs de pâte.
- Décorez avec de l'écorce confite.
- Enfournez 20 minutes à 180°C.
- Laissez tiédir avant de démouler.
Et voilà, du moot à déguster à l'heure du thé :)
09 novembre 2007
Carte postale d'automne
Puisque l'ami Fangorn l'a reçue à présent, en avant première... voilà la carte postale que je lui ai écrite pour son non-anniversaire. A lire en écoutant la musique de "Howl's Moving Castle" de Joe Hisaishi, écrite pour le film de Miyazaki portant le même nom... ;)
Souvenirs éparses d'un beau dimanche
réveillée bien trop tôt d'un sommeil frileux...
La brume avant l'aube dort encore
frissonant fantôme faufillé d'argent pâle
se soulevant lentement, comme une respiration paisible...
Le silence est entier, rond et plein
comme le sera le soleil rouge quelques heures plus tard
quand il daignera monter au-dessus du bois.
Il fait frais sans faire froid.
Se promener dans le jardin
et s'arrêter, sans le réaliser tout de suite
juste au dessus d'un noeud de source,
là où le débit est plus fort
où il faudrait creuser un puits.
De là, admirer les feuillages à peine dorés
et écouter... dans le plus haut chène, un merle.
Derrière moi... sans doute un rouge-gorge,
Robin au pépiement bref.
Dans le bois, les geais des chènes se disputent joyeusement
puis se fâchent après une pie.
Dans la haie... mésanges, peut-être ?
Et là, un ruban de Choucas des Tours,
mes mouettes-de-la-terre, dont le chant,
dont les appels tirent le coeur
et appellent vers un ailleurs – lequel, seulement ?
Chercher à séparer les odeurs aussi
mais la fraîcheur les rend fugaces :
la terre humide et froide, bien sûre,
toujours là, pleine et nourrissante.
Si on le secoue, le basilic sent encore un peu
une vague odeur de fumée.... en écrasant une touffe de serpolet
l'odeur des champignons.
Mais l'odorat humain est bien limité !
Les mains gelées, rentrer dans la cuisine,
retrouver l'odeur de « chez-les-parents »
-- odeur de gâteau, de bois cirée, et vaguement encore, de colle à tapisserie.
Plus tard dans la journée,
s'échapper du brouhaha d'une réunion familiale
pour aller se promener en solitaire...
Laisser le coeur ralentir son allure,
retrouver le calme d'une respiration ample,
les odeurs de feuilles mortes, d'herbe et d'humus.
Trouver un nid tombé au sol et le ramasser soigneusement
-- un tout petit nid tapissé de plumes grises,
bien rond et bien entrelacé ;
le prendre comme un heureux présage
et se remettre en route avec le précieux poid-plume.
Passer le pré aux chevaux, le chemin est bordé de hêtres et de charmilles
Le soleil qui commence à descendre
leur donne de sa belle lumière d'or brillant
Dans l'ombre des talus, quelques feuillages
ont gardé le jaune éclatant,
et continuent d'éclairer les sous-bois.
Continuer jusqu'aux champs de maïs,
trouver deux épis oubliés et les ramasser
-- Flopsy le lapin sera content.
Redescendre ensuite avant le frais,
avant l'ombre du soir
-- il faisait tellement bon
que je n'ai même pas pris de manteau.
Dernière surprise de la journée : un chevreuil
pas du tout affolé
traverse la route juste devant la voiture,
pilée nette par mon père.
L'animal au beau pelage, démarche gracieuse,
ne daigne même pas tourner la tête vers nous.
21 octobre 2007
Carte postale d'automne
Samedi matin bien mérité... s'accorder de traîner au lit,
puis de traîner pour petit-déjeuner,
juste histoire d'apprécier la baguette d'orge
avec la croute du crouton qui craque
Se mettre en route à 9 heures et demie
pour retrouver Cécile à la Part-Dieu
et se rendre au marché sur le Quai Augagneur
Crochet par la rue Villeroy,
Cécile souhaitant se rendre à l'épicerie Bahadourian
-- elle m'y mène en connaissance de cause... Avais-je prétendu
n'avoir besoin que de graînes de pavot bleu ?
C'était oublier la cardamone, les cinq épices,
les graines de tournesol et la farine d'épeautre,
et la fleur de sel de Guérande...
Extirpées de ce lieu de perdition – non,
je n'ai pas besoin de vinaigre parfumé à la noisette !
Direction les quais...
Le froid est mordant, le vent glacial,
et la proximité du Rhône ajoute l'humidité,
mais le cadre est toujours aussi agréable,
la vue sur l'Hôtel-Dieu et Fourvière...
Flâner devant les étals, craquer pour un pain au noix et un autre aux lardons
croute craquante et couverte de farine
hésiter devant les salades affriolantes,
robes à froufrous vertes et rousses
-- se décider pour une doucette et une laitue brune.
Choisir un beau potimarron d'un orange très vif,
un chou-fleur en robe verte – avec dans l'idée de manger
quelques fleurettes crues
avec une vinaigrette... ou une sauce au yahourt ?
Vient ensuite l'étal du fromager... l'épreuve est difficile,
le comté s'impose. « Doux ou fruité ? » Fruité... 24 mois d'affinage
un goût de noisette et de beurre, fondant en bouche et très doux au palais...
Découvrir qu'ils ont de la vraie mozzarelle bufflone
– celle qui ressemble à une tête de Schtroumpf,
ronde avec un chapeau plus ou moins phrygien --
et en prendre une nature – garder l'envie de goûter à la fumée
pour la fois prochaine
de même qu'au beurre de baratte
et à la quantité de petits fromages de chèvres
au thym, dans une feuille de châtaigner,
au marc de raisin,
crémeux à point
ou tout blanc de fraîcheur
et à la tête de moine.
Ajouter à cela une demi-douzaine d'oeufs,
et un pérail jeune : « Très bon choix »
-- il n'y a que des bons choix en fromage...
Epreuve ultime : les fleuristes.
Ayant décidé que de toute façon toute résistance est inutile,
s'offrir un joli bouquet rose, assorti à la jupe et au vase.
Rentrer bien chargées – et bien frigorifiées --
à l'appartement... Le plaisir de cuisiner
des plats « comme chez les parents »,
doucette agrémentée de graines de tournesol,
saucisse de morteaux et pommes de terres
comté merveilleux sur pain aux lardons
et kakis murs à point.
Pour finir un thé Sensha, « Sur la Route de Shannon »,
aux écorces d'orange...
Retourner par la suite sur les quais, direction librairie cette fois-ci...
Le pas vif et le nez en l'air, inspirer l'air tout aussi froid
d'un froid qui s'accorde très bien avec le ciel tout bleu
une mouette
les odeurs de crèpes et de marrons chauds.
Revenir pas trop chargée de bouquins,
mais prendre tout de même le tram pour rentrer
-- à peine regretter de ne pas traverser le pont à pied,
et ne plus regretter du tout en voyant
les écharpes qui volent et les chapeaux rattrapés du bout des doigts.
Une gaminette toute blondinette aux grands yeux bleus
sacré caractère pour les deux ans et demi qu'elle doit avoir...
S'écrouler sur la chauffeuse en rentrant, bénir l'inspiration de la veille,
qui consistait à cuisiner « avec des restes ».
Le velouté de champignons est tout prêt,
le gratin de potiron aussi.
Avant d'aller dormir, sentant un léger rhûme venir,
se préparer un lait chaud au miel et à la fleur d'oranger
-- comme quand j'étais petite, et que j'avais mal à la gorge,
et que je pouvais réveiller maman en pleine nuit pour qu'elle m'en prépare un.
Le lendemain, dormir encore plus, traîner encore plus
– sachant que ça ne m'arrivera pas avant quelques autres fins de semaines encore
de pouvoir étirer autant le temps.
Dans l'après-midi, trouver la motivation nécessaire
pour aller marcher au Parc de la Tête d'Or
-- vent toujours glacial, froid toujours mordant,
mais cette fois-ci, je sors mon manteau de Russian Lady...
Le froid ne mordra que mes joues ainsi.
Flaner au parc, respirer l'odeur de l'herbe, l'odeur de la terre
l'odeur des feuilles mortes et des roses dans la roseraie
-- chercher à deviner au nez les notes de parfums
mandarine pour l'un, musc pour l'autre, et une odeur très florale,
mais indéfinissable pour un troisième ;
le froid rend l'exhalation des parfums plus ténue.
Epier du coin de l'oeil le Robin pépiant,
boule de plume à rouge-gorge.
Caresser l'écorce d'un bouleau
et effleurer le bout des fougères.
Apprécier le soleil à sa très juste valeur
et languir d'un chocolat chaud à la cannelle...
A 4 heures et demie, le froid s'appesanti... Rentrer donc
par le bus, retrouver le chaud-douillet de l'appartement
et faire fondre les carrés de chocolat dans le lait
avec beaucoup de cannelle fraîchement râpé dedans
-- l'odeur du lait chaud, la chaleur dans les mains
et la tartine de pâte de noisette trempée dans la tasse
...petit goûter d'automne...


